Nord Stream : Niveaux élevés de méthane en Scandinavie après les fuites des gazoducs

MENACE écologique Les fuites dues à des explosions équivalant « à des centaines de kilos » de TNT

20 Minutes avec AFP
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La perturbation de l'eau au-dessus de la fuite de gaz, en mer Baltique, jeudi 29 septembre 2022.
La perturbation de l'eau au-dessus de la fuite de gaz, en mer Baltique, jeudi 29 septembre 2022. — /AP/SIPA

Les conséquences écologiques sont déjà désastreuses. Si l’une des quatre fuites sur les gazoducs Nord Stream en mer Baltique commence à faiblir, selon les autorités suédoises, des niveaux élevés de méthane sont observés dans plusieurs régions de Scandinavie. Située au-dessus de Nord Stream 2 côté suédois, cette fuite « s’est réduite en taille, mais est toujours en cours », ont indiqué vendredi matin les garde-côtes suédois dans un communiqué. « La magnitude des explosions a été mesurée respectivement à 2,3 et 2,1 sur l’échelle de Richter, soit probablement l’équivalent d’une charge explosive de centaines de kilos », a indiqué vendredi un rapport officiel de la Suède et du Danemark remis aux Nations-Unies.

Résultat très probablement d’un acte de sabotage selon plusieurs pays, les fuites sont toutes situées dans les eaux internationales au large de l’île danoise de Bornholm. Mais deux d’entre elles sont localisées dans la zone économique exclusive (ZEE) suédoise et les deux autres dans la ZEE danoise. La deuxième fuite côté suédois, plus importante et liée à Nord Stream 1, ne montre quant à elle pas de signe de faiblissement, selon les gardes-côtes.

Plus de la moitié du gaz écoulé

Copenhague avait estimé mercredi que plus de la moitié du gaz contenu dans les deux gazoducs – non opérationnels mais chargés de méthane – avait déjà fui et que le reste s’échapperait d’ici dimanche.



Selon une simulation diffusée vendredi par l’institut indépendant norvégien Nilu, spécialisé dans l’analyse de l’air, le nuage de méthane s’est déplacé au gré des vents au-dessus de plusieurs régions suédoises et norvégiennes depuis lundi, atteignant même le Royaume-Uni.

Selon ses estimations, près de 80.000 tonnes de méthane se sont déjà échappées des tuyaux endommagés des deux gazoducs. Soit plus de quatre fois les émissions annuelles du secteur pétro-gazier de la Norvège, un des principaux producteurs d’hydrocarbures d’Europe. Les rejets de méthane ne sont pas dangereux pour la santé des êtres humains, selon les autorités, mais contribuent au réchauffement climatique.