Climat : L'année 2020 est l'une des trois plus chaudes jamais enregistrées

URGENCE CLIMATIQUE La température mondiale moyenne s’est élevée à 14,9 degrés Celsius en 2020, soit 1,2 degré au-dessus du niveau préindustriel

L.Br. avec AFP

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Un hélicoptère s'emploie à combattre un incendie en Sibérie, le 21 juillet 2020.
Un hélicoptère s'emploie à combattre un incendie en Sibérie, le 21 juillet 2020. — Denis Bushkovsky/TASS/Sipa USA/SIPA

L’année 2020 n’a pas seulement été catastrophique sur le plan sanitaire. Elle l’a aussi été sur le plan climatique. L’Organisation météorologique mondiale, une agence de l'ONU, a révélé jeudi que 2020 a été l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre, rivalisant avec le record de 2016.

Entre janvier et décembre 2020, la température mondiale moyenne s’est élevée à 14,9 degrés Celsius, soit 1,2 degré au-dessus du niveau préindustriel (1850-1900), constate franceinfo. Une année marquée par une saison record d’ouragans dans l’Atlantique, par des feux de forêt en Sibérie et de nombreux  épisodes de canicule partout sur la planète. « 2011-2020 a été la décennie la plus chaude jamais enregistrée, dans une tendance persistante à long terme au changement climatique », indique l’OMM. L’année de tous les records reste 2016, suivie de près par 2019, et, désormais, 2020.

« C’est un prélude de ce qui va suivre »

Ce réchauffement record a été atteint malgré le refroidissement provoqué en fin d’année par le phénomène océanique naturel qu’est La Niña. Alors que 2016, elle, avait été marquée par un fort épisode El Niño, phénomène océanique naturel qui entraîne une hausse des températures.

En 2020, « nous avons fait l’expérience directe de la façon dont la chaleur s’exprime sur notre planète. Les grands incendies, les ouragans intenses et la fonte des glaces que nous avons connus en 2020 sont les conséquences directes du changement climatique provoqué par les êtres humains », a relevé la Nasa. Autant de catastrophes qui devraient s’intensifier au cours de la prochaine décennie, surtout si les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine se poursuivent au rythme actuel.

« Ce n’est pas la nouvelle norme. C’est un prélude de ce qui va suivre », a averti Gavin Schmidt, directeur de l’institut des études spatiales au centre Goddard de la Nasa. L’année 2020 a terminé à 1,25°C au-dessus de la période pré-industrielle, « et nous assistons déjà à des phénomènes météorologiques extrêmes sans précédent dans toutes les régions et sur tous les continents », a relevé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Et d’alerter : « Nous nous acheminons vers une augmentation catastrophique de la température de 3 à 5 degrés au cours du 21e siècle ». A la fin de l’année, la France avait déjà classé 2020 comme l’année la plus chaude jamais connue dans le pays.