Haute-Garonne : Des élus trouvent des phtalates dans leurs cheveux et déclarent la guerre aux perturbateurs endocriniens

SANTE Les prélèvements de cheveux de cinq élus de Ramonville, près de Toulouse, montrent des taux de phtalates élevés. Pour mettre la pression sur les industriels, ils veulent les éradiquer des commandes publiques.

Julie Rimbert

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Des analyses montrent la présence de phtalates dans les cheveux de cinq élus de Ramonville, en Haute-Garonne.
Des analyses montrent la présence de phtalates dans les cheveux de cinq élus de Ramonville, en Haute-Garonne. — Julie Rimbert - 20 Minutes
  • En juin, des mèches de cheveux de cinq élus de Ramonville ont été prélevées pour mesurer le taux de phtalates, un perturbateur endocrinien.
  • Tous présentent un taux plus ou moins important de cette substance pourtant interdite depuis 2011.
  • Les élus veulent sensibiliser les citoyens et peser dans la commande publique avec des appels d’offres sans phtalates dans les produits.

Même le maire a de quoi se faire des cheveux. Cinq élus de Ramonville, près de Toulouse, qui s’étaient fait prélever des mèches afin de mesurer leur taux de phtalates, un perturbateur endocrinien, ont présenté les résultats de ce test vendredi : tous affichent une présence, variable selon les personnes, de cette substance pourtant interdite en France depuis 2011.

Sensibiliser les citoyens

Le maire, Christophe Lubac (Génération-s), compte 36 picogrammes de phtalates par milligramme, alors que la limite autorisée est de 20. « Et c’est pourtant moi qui affiche le taux le plus bas car un des élus testés atteint lui les 1.000 picogrammes, confie-t-il. Ce test permet de sensibiliser la population dans son quotidien à ce problème. Et en tant que collectivité locale, nous avons déjà commencé à former nos agents pour changer leurs habitudes, par exemple le savon à utiliser à la piscine ou les gobelets à ne plus utiliser car ils contiennent des phtalates ».

Après avoir signé en juin la charte « Villes et territoires sans perturbateur endocrinien », la ville de Ramonville veut aller encore plus loin pour éliminer les produits qui contiennent ces substances chimiques à l’origine de certains troubles hormonaux.

Et c’est aussi par le biais de la commande publique que la municipalité de Ramonville veut mettre la pression sur les industriels. « Nous faisons appel à la créativité des industriels pour trouver des alternatives aux phtalates, poursuit Christophe Lubac. Ce n’est pas toujours facile mais des produits existent et si les communes ont ces exigences, cela accélérera le processus pour éliminer ces substances ».

Eradiquer les phtalates à la source

Les phtalates sont principalement utilisés en tant que plastifiants des PVC mais on les retrouve aussi dans l’alimentation, l’environnement intérieur, les cosmétiques, les médicaments et les vieux jouets. « L’organisme humain les élimine tous les jours mais le plus efficace est de les éradiquer à la source, explique Nathalie Ferrand-Lefranc, déléguée régionale Occitanie de Réseau Environnement Santé (RES). Il faut éviter des produits dont le contenant ou l’emballage est en plastique, les cosmétiques ou parfums, les bouteilles d’eau en plastique ».

RES souligne la dangerosité de l’effet cocktail de la multiplication de ces produits sur l’organisme. Les femmes enceintes et les enfants sont les populations les plus exposées aux effets de ces perturbateurs endocriniens.

Bisphénol A

Pour aller plus loin, Ana Soto, lanceuse d’alerte et pionnière dans la recherche des perturbateurs endocriniens, anime le 28 octobre, à 18h30 à l’Hôtel du Département, une conférence publique intitulée « Les effets sur la santé des perturbateurs endocriniens – Le cas du bisphénol A ».