«J’arrose le jardin avec l’eau de la douche»… Nos lecteurs livrent leurs astuces pour consommer moins d’eau

VOUS TEMOIGNEZ Alors que le pays est touché par la sécheresse et que la canicule est de retour, certains cherchent, en marge des services publics et des industriels, des solutions pour économiser l’eau

Romarik Le Dourneuf

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Des mousseurs aux robinets et pommeaux de douche permettent de consommer moins d'eau
Des mousseurs aux robinets et pommeaux de douche permettent de consommer moins d'eau — Pixabay
  • Des restrictions d’eau sont mises en place dans plusieurs dizaines de départements à cause de la sécheresse, et la canicule revient, avec des pointes à 40 °C attendues par endroits.
  • Alors qu'un Français utilise en moyenne 143 litres d’eau par jour, 20 Minutes a interrogé ses lecteurs pour savoir quelles étaient leurs astuces pour consommer moins d’eau.

Il va falloir s’y habituer, puisque les épisodes devraient se répéter et s’amplifier dans les années à venir en France. La sécheresse touche actuellement plus de 60 départements, et la canicule va refaire parler d’elle en début de semaine prochaine. Sachant que les Français consomment en moyenne 143 litres d’eau par jour et par personne*, en grande partie pour l’hygiène et le nettoyage, des solutions existent pour limiter cette consommation. 20 minutes a demandé à ses lecteurs de partager leurs astuces au quotidien.

« Je répète en permanence à mes enfants de fermer le robinet lorsqu’ils se lavent les dents ou qu’ils se savonnent », explique Magali. Une consigne connue de tous, mais que les lecteurs rappellent. Une autre habitude à prendre est avancée par Jean-Paul : « Il faut toujours uriner sous la douche, cela paraît anodin, mais ce sont des litres économisés tous les jours. » Et s’il n’est pas conseillé de se doucher à chaque besoin pressant, il reste la technique d’Antoine, qui revient souvent dans les témoignages : « Je mets une bouteille remplie d’eau ou une brique dans ma chasse d’eau. Cela trompe la jauge, et on utilise moins à chaque fois qu’on la tire. »

Des solutions inventives

Au-delà de ces astuces, d’autres, encore plus originales mais tout aussi efficaces, apparaissent. « Nous sommes quatre et aimons les bains. Mais un seul y a droit dans la semaine et nous tournons », raconte Magali. La salle de bains est particulièrement concernée par les efforts à faire. Matt a fait un choix radical : « J’ai installé des toilettes sèches, avec un réservoir de sciure et une poubelle pour le papier. Je n’en pouvais plus de voir cette eau potable partir dans les toilettes. » Maxime, qui utilisait l’eau de pluie pour la verser dans la cuvette des toilettes, a automatisé son système : « Nous venons de faire installer une cuve sous la terrasse, dont l’eau est amenée via une pompe, directement dans le réservoir des toilettes, et même dans la machine à laver ». Nicolas, tout aussi inventif, a une autre technique : « J’ai un système sur mon lave-mains qui alimente la chasse d’eau. »

Dans la douche aussi, il y a des mètres cubes à récupérer. Ainsi, les litres froids qui précèdent l’arrivée de l’eau chaude sont particulièrement visés. « Les quatre membres de la famille prennent leur douche à la suite, cela évite de perdre de l’eau à chaque fois », dévoile Karine. Ces premiers litres peuvent pourtant être utiles, comme le raconte Jacques : « Je récupère l’eau froide de départ pour arroser mes plantes et pour donner à boire aux animaux. » Justine, elle, l’utilise pour « la carafe d’eau, la cafetière, le ménage et l’eau des pâtes. » Cela lui permet d’économiser « environ 2.200 litres d’eau par an », avance-t-elle. Nathalie, enfin, a préféré changer ses habitudes pour baisser sa consommation et avoue ne prendre « qu’une douche tous les trois jours ». Elle précise : « le reste du temps, je fais seulement une toilette au gant ».

Des solutions naturelles pour le jardin

Pour hydrater son jardin et « économiser au moins deux chasses d’eau par jour », Greg a choisi d’y uriner. Mais d’autres solutions existent. Enidan utilise un paillage (de la paille étalée au pied et tout autour des plantes, fruits et légumes), et explique pourquoi : « Cela permet d’éviter l’évaporation de l’eau des sols. Ainsi, cela reste toujours un peu humide. » Alexandre, lui, privilégie une autre technique : « J’utilise des oyas, ce sont des récipients poreux qu’on enfonce dans la terre. Ils se remplissent avec l’eau de pluie, et la conserve. Les plantes y collent leurs racines et boivent doucement. » Et puis il y a Marie, qui a investi dans deux cuves pour récupérer l’eau de pluie, et qui « n’arrose pas la pelouse, juste les plantes potagères avec un système très simple de goutte à goutte. » Pour Tania, enfin, pas de système élaboré, elle préfère laisser la nature se débrouiller : « Je ne plante que des espèces endémiques qui savent se suffire du climat naturel dans lequel elles évoluent. Ainsi, pas besoin d’arrosage. »

« Je mange moins de viande »

Pour finir, il y a ceux qui, en dehors de la récupération d’eau, de la chasse d’eau ou du lave-vaisselle, modèrent leur consommation d’eau indirectement. C’est le cas de Sandrine, qui a dû se battre avec sa copropriété, comme elle le raconte : « J’ai réussi à convaincre mes voisins de voter pour que la concierge ne lave plus la cour tous les jours avec son jet d’eau. Une fois par semaine ou par mois suffit très largement. » Karine, elle, rappelle que l’eau est utilisée en abondance dans des domaines qu’on ne soupçonne pas : « Je mange beaucoup moins de viande, car il faut des milliers de litres d’eau pour produire un kilo. En restreignant ma consommation, j’économise des mois de douche. » Une prise de conscience que l’on retrouve aussi chez Renée, qui agit par rapport aux vêtements : « En plus de les porter davantage pour faire moins de lessives, j’achète presque toujours d’occasion, parce que la production nécessite des quantités d’eau énormes pour laver le tissu, le colorer… »

* Selon un rapport de l’Observatoire national des services d’eau et d’assainissement datant de 2016.