Strasbourg: L'arrêté d'autorisation des travaux du GCO sera-t-il suspendu par le tribunal ce mardi?

JUSTICE Plus de deux semaines après l’évacuation de la ZAD de Kolbsheim, une décision majeure du tribunal administratif de Strasbourg est attendue sur l’autorisation du projet autoroutier controversé du GCO…

Bruno Poussard

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Lors de l'évacuation, le 10 septembre, de la ZAD de Kolbsheim où un pan de forêt a été coupé depuis.
Lors de l'évacuation, le 10 septembre, de la ZAD de Kolbsheim où un pan de forêt a été coupé depuis. — G. Varela / 20 Minutes
  • Depuis l’évacuation de la ZAD de Kolbsheim le 10 septembre, les déboisements s’enchaînent sur le tracé du projet autoroutier du GCO depuis.
  • Mais les opposants n’ont pas baissé les bras pour autant, en introduisant notamment un certain nombre de recours en référé auprès du tribunal.
  • Probablement le plus attendu, le délibéré concernant l’arrêté préfectoral d’autorisation unique de lancement des travaux doit tomber ce mardi.

C’est la décision la plus attendue. Fortement sollicité depuis le début du mois et des travaux préparatoires, le tribunal administratif de Strasbourg doit rendre ce mardi un important jugement pour le chantier du projet autoroutier du Grand contournement ouest (GCO). L'arrêté d’autorisation unique de lancement des travaux définitifs pourrait être suspendu.

C’est en tout cas ce qu’espère l’avocat de l’association environnementale Alsace Nature, à l’origine du recours. Cinq jours après l’audience et trois après la clôture de l’instruction, François Zind est optimiste : « Il n’y a pas eu d’événement majeur depuis et je n’ai pas vu, dans les arguments d’en face, quelque chose qui pourrait faire pencher la balance de leur côté. »

« L’intérêt public majeur » est-il avéré dans cet arrêté ?

Attendu pour 2021 depuis la relance du projet (qui date des années 70), le GCO, long de 24 km du nord au sud de l’Eurométropole de Strasbourg, est censé, selon ses défenseurs, aider à lutter contre les problèmes de trafic de la capitale alsacienne. Mais ses détracteurs ont du mal à le concevoir. A leurs yeux, l’autoroute ne réglera rien pour les entrées (et sorties) de la ville.

C’est ce qu’a entre autres défendu Me François Zind, en s’attaquant, selon lui, à un défaut de « raison impérative d’intérêt public majeur » dans le GCO. A ses yeux, les objectifs affichés de réduction du trafic ou d’amélioration de la qualité de l’air ne justifient pas, ainsi, les atteintes à la biodiversité prévues. En plus de mesures de compensation jugées insuffisantes.

A Kolbsheim, un pan de forêt a été complètement coupé depuis l'évacuation de la ZAD.
A Kolbsheim, un pan de forêt a été complètement coupé depuis l'évacuation de la ZAD. - B. Poussard / 20 Minutes.

« Pour moi, les notions de qualité de l’air et de réchauffement climatique, des enjeux mondiaux, sont sous-estimées dans le dossier », estime-t-il encore. En cas de victoire d’Alsace Nature, le coup d’envoi des travaux définitifs de construction de l’autoroute autorisé par l’arrêté du 31 août serait donc suspendu. Avant que l’arrêté ne soit jugé sur le fond dans les mois à venir.

Quel avenir pour le projet autoroutier si l’arrêté est suspendu ?

Les travaux préparatoires ne seront pas concernés par une éventuelle suspension de l’arrêté préfectoral central. Après les vastes coupes d’arbres lancées dès le 10 septembre dans les forêts de Kolbsheim (où la ZAD a été évacuée) et du Krittwald à Vendenheim (mais pas seulement), les diagnostics archéologiques et les sondages géotechniques pourront continuer sur le tracé.

« S’il y a suspension, on a quand même même du mal à concevoir qu’ils puissent se poursuivre », estime François Zind. Cependant, une telle décision (sur le fond) n’arrêterait pas le projet autoroutier. Mais le GCO prendrait néanmoins un coup dur et subirait alors de sérieux retards. Obtenir de nouveaux arrêtés demanderait au projet de repasser des étapes préalables.

Un engin pénétré sur le site de la ZAD peu après son évacuation le 10 septembre.
Un engin pénétré sur le site de la ZAD peu après son évacuation le 10 septembre. - G. Varela / 20 Minutes

Ces dernières semaines, deux autres arrêtés ont déjà été suspendus (sur le viaduc de la Bruche et sur l’abattage de 30 arbres à Pfulgriesheim, mais pas celui sur la modification du PLU de Brumath, par contre) et d’autres seront encore introduits. Mais le délibéré sur l’arrêté d’autorisation est le plus gros. Si les juges ne le suspendent pas, la construction démarrera en revanche très vite.