Strasbourg: Avec ces ruches d'observation, des abeilles s'invitent en classe dans des écoles

BIODIVERSITE Pour sensibiliser à la question des abeilles, de la biodiversité et de l’environnement, une première ruche d’observation vient d’être installée dans une classe d’une école de Strasbourg…

Bruno Poussard

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Des enfants d'une classe de CE2 de l'école Robert Schuman à Strasbourg cherchent la reine au milieu de la nouvelle ruche d'observation de l'école.
Des enfants d'une classe de CE2 de l'école Robert Schuman à Strasbourg cherchent la reine au milieu de la nouvelle ruche d'observation de l'école. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Au lendemain d'une manifestation d'apiculteurs à Strasbourg, une ruche d'observation a été installée dans la classe d'une école de la ville.
  • Derrière deux grandes vitres d'un mètre carré et un tube de sortie vers l'extérieur, les enfants observeront la vie de cette colonie de 5.000 abeilles.
  • A travers ce dispositif, les équipes pédagogiques de l'école souhaitent sensibiliser les écoliers à la biodiversité et l'environnement.

Pour dénoncer la mortalité des abeilles et certaines pratiques agricoles, plusieurs apiculteurs ont manifesté à Strasbourg, le 7 juin. Hasard du calendrier, une ruche d’observation a été inaugurée le lendemain à l’école internationale Robert-Schuman, à l’Esplanade. Où des affiches « Welcome to the beehive » ou « bienvenidos las abeijas » attendaient les abeilles depuis un moment.

Parmi les 5.000 représentants de l’espèce menacée en pleine possession des lieux entre deux grandes vitres d’un mètre carré, les élèves de CE2 d’une des quatre premières classes impliquées dans le projet ont vite cherché la reine. « Un indice, elles ont un point blanc sur le dos », leur a répondu Lorenzo Altese, apiculteur amateur à Bischheim et animateur pédagogique.

Dans cette ruche d'observation récemment installée dans une école à Strasbourg, 5.000 abeilles vont former leurs alvéoles.
Dans cette ruche d'observation récemment installée dans une école à Strasbourg, 5.000 abeilles vont former leurs alvéoles. - B. Poussard / 20 Minutes.

« Dans certaines régions, 90 % des abeilles ont disparu »

Grâce au soutien de la ville de Strasbourg, c’est lui qui a installé cet « apiscope » avec un tube de sortie pour permettre aux abeilles de butiner dehors. A travers cette ruche pédagogique, les enfants suivront en classe l’évolution de la colonie au fil des saisons (de la fabrication des alvéoles à celle du miel). Avec ce concept créé à Bourges, Lorenzo Altese se réjouit :

« D’habitude, on ne voit rien de tout ce cycle. (…) L’abeille est un prétexte, une porte d’entrée vers la biodiversité. »

 

La ruche d'observation est située en classe mais un tube permet aux abeilles de sortir pour butiner dehors à l'école Robert Schuman à Strasbourg.
La ruche d'observation est située en classe mais un tube permet aux abeilles de sortir pour butiner dehors à l'école Robert Schuman à Strasbourg. - B. Poussard / 20 Minutes.

Déjà dotée d’un hôtel à insectes et d’une mare pédagogique (qui a accueilli un couple de canards et leurs canetons), l’école veut ainsi sensibiliser au rôle majeur de l’animal dans l’écosystème. Le travail n’a pas tardé. A 9 ans, Juliette a réalisé un exposé devant sa classe : « Je sais que dans certaines régions de France, 90 % des abeilles ont disparu… »

Dans l’Eurométropole, sept « apiscopes » seront lancés d’ici la rentrée. Prochaine sur la liste : l’école Karine, déjà équipée de quatre ruches (et d’une poule) à l’extérieur à Hautepierre. « Ramener la nature plus près des enfants leur permet de la comprendre », défend le directeur Martial Lauck qui a toutefois dû effectuer un travail d’acceptation auprès des familles.

La plateforme Un toit pour les abeilles a été lancée en 2010 pour permettre à des citoyens et des entreprises de parrainer des ruches en échange de miel.
La plateforme Un toit pour les abeilles a été lancée en 2010 pour permettre à des citoyens et des entreprises de parrainer des ruches en échange de miel. - Document remis / Un toit pour les abeilles.

Des ruches à parrainer pour sauver la pollinisation

Au fil des mois, les colonies des ruches d’observation de ces écoles pourront passer de 5.000 à 20.000 abeilles, avant de se diviser pour créer de nouveaux essaims dans la nature. Un moyen de prendre part à la survie des abeilles. Ce à quoi participent aussi l’apiculteur amateur de Wintershouse Thierry Colin et ses parrains d’Un toit pour les abeilles.

Créée en 2010, cette plateforme aide à l’installation de nouvelles ruches afin de sauver la pollinisation. Contre 8 euros par mois, un particulier (ou une entreprise) peut permettre la création d’un (des dix) cadre(s) d’une ruche d’un des sites de Thierry Colin en Alsace, dont il recevra ensuite le miel. « C’est une vraie démarche éco-citoyenne et éco-responsable », réagit Thierry Colin.

Habitué en parallèle à vendre et à livrer son miel localement, l’apiculteur aux 110 ruches ne manque pas une opportunité de sensibiliser à la question des abeilles. En contact avec des écoles voisines, il aimerait faire venir des enfants à la rencontre de ses abeilles. Car Thierry Colin n’en doute pas une seconde : « C’est la jeune génération qui changera les choses. »

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