Mortalité des abeilles: Les apiculteurs se mobilisent pour demander un plan de soutien

EN DANGER Frappés par la « mortalité catastrophique des abeilles » depuis la sortie de l’hiver, les apiculteurs demandent un plan de soutien exceptionnel et un « environnement viable pour les colonies d’abeilles »…

20 Minutes avec AFP

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Des apiculteurs en colère manifestent.
Des apiculteurs en colère manifestent. — Damien MEYER / AFP

Il faut sauver les abeilles ! Ce jeudi matin, les apiculteurs se réunissent à Paris, place des Invalides ; pour réclamer des mesures concrètes. « Cette année est vraiment record en termes de mortalité dans notre secteur », a déploré Loïc Leray, apiculteur en Loire-Atlantique et vice-président de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf).

La Bretagne par exemple, où 20 000 colonies d’abeilles sont mortes cet hiver, est particulièrement touchée. Mais « c’est quasi général » à travers la France, a assuré Gilles Lanio, président de l’Unaf. D’autres rassemblements auront lieu à Laon, Strasbourg, La Rochelle, Périgueux, Quimper, Rennes, Tours et Lyon.

« Des pertes à 60 %, voire 90 % du cheptel »

Avant la mise sur le marché des néonicotinoïdes dans les années 1990, les ruches enregistraient « une mortalité à la sortie de l’hiver de l’ordre de 3 à 5 % », selon Loïc Leray. « Mais cette année les pertes ont pu monter à 60 %, voire 90 % du cheptel dans certains cas », estime-t-il. « C’est un gros choc de voir notre cheptel mort », poursuit l’apiculteur, qui juge que le gouvernement n’a pas réalisé l’ampleur du phénomène.

Pour soutenir le secteur, les organisations apicoles s’adressent directement à Emmanuel Macron. Ils lui demandent « de déclencher de toute urgence un plan de soutien exceptionnel aux apiculteurs sinistrés » et de « restaurer un environnement viable pour les colonies d’abeilles et les pollinisateurs », notamment en luttant contre les néonicotinoïdes qui s’attaquent au système nerveux des insectes et désorientent les pollinisateurs, contribuant au déclin spectaculaire des colonies d’abeilles. Ces substances touchent aussi des invertébrés terrestres et aquatiques et persistent dans l’eau et les sols.

Les néonicotinoïdes, tueurs d’abeilles

En France, la loi sur la biodiversité de 2016 prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles au cas par cas jusqu’au 1er juillet 2020. Au niveau européen, trois néonicotinoïdes – clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride - seront interdits à compter de décembre dans toutes les cultures en plein champ.

Selon l’Unaf, qui a aussi prévu des journées de sensibilisation du grand public du 14 au 16 juin, la France comptait en 2015 plus de 70 000 apiculteurs, parmi lesquels une majorité de petits producteurs et entre 1,25 et 1,3 million de ruches.