La mystérieuse réapparition d’un gaz dangereux pour la couche d’ozone inquiète les scientifiques

ENVIRONNEMENT Contenu dans les appareils de réfrigération et les aérosols, ce gaz est interdit depuis 1987…

20 Minutes avec AFP

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La planète Terre vue depuis l'espace (image d'illustration).
La planète Terre vue depuis l'espace (image d'illustration). — HANDOUT / NASA / AFP

C’est l’un des principaux responsables du fameux trou de la couche d’ozone, qui s’était même presque rebouché depuis son interdiction. En 2018, il semble être de retour. Le lent déclin du chlorofluorocarbure (CFC), un gaz extrêmement nocif pour l’environnement, ralentit. Les scientifiques supposent de graves violations du traité international qui le bannit.

« Le taux de diminution dans l’atmosphère du CFC-11 a été constant de 2002 à 2012, et a ralenti d’environ 50 % après 2012 », explique l’étude publiée mercredi dans la revue Nature. « Les preuves suggèrent fortement des émissions de CFC-11 en hausse dans l’est de l’Asie après 2012 ».

Avant son interdiction en 1987 par le Protocole de Montréal, on le trouvait dans la réfrigération et les aérosols. Il avait ensuite amorcé son déclin, à la fin du XXe siècle. Depuis, le « trou » de la couche d’ozone au-dessus du pôle Sud montre des signes clairs de rétablissement.

Des progrès en danger

« La couche d’ozone reste sur la bonne voie pour un rétablissement d’ici le milieu du siècle », a réagi le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dans un communiqué. « Mais l’augmentation continue d’émissions mondiales de CFC-11 va mettre ces progrès en danger », a-t-il ajouté, appelant à « identifier les causes de ces émissions et à prendre les actions nécessaires ».

Le ralentissement de la baisse de ce gaz a également des implications pour la lutte contre le changement climatique. Les CFC étant bien plus puissants que le CO2 ou le méthane comme gaz à effet de serre. Il y a 20 ans, ils représentaient environ 10 % du réchauffement climatique lié à l’homme.

Si ce gaz continue à se répandre à nouveau dans l’atmosphère, il pourrait empêcher l’ozone de retrouver ses niveaux normaux, ou moins rapidement qu’espéré.

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