Déchets radioactifs de Bure: Une expertise internationale pourrait se pencher sur la question du stockage dans du bitume

ENVIRONNEMENT Deux pistes sont proposées par l’Autorité de sûreté nucléaire, avec une préférence pour la seconde : modifier les conditions de stockage ou traiter les bitumes pour réduire leur inflammabilité...

20 Minutes avec AFP

— 

 L' Andra (agence nationale pour la gestion des dechets radioactifs) s'interroge sur la facon de maintenir pendant des milliers d'annees la memoire du site de stockage en grande profondeur des dechets radioactifs les plus dangereux, qui sera situe a Bure, dans la Meuse.
L' Andra (agence nationale pour la gestion des dechets radioactifs) s'interroge sur la facon de maintenir pendant des milliers d'annees la memoire du site de stockage en grande profondeur des dechets radioactifs les plus dangereux, qui sera situe a Bure, dans la Meuse. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Une expertise scientifique internationale devrait être sollicitée « assez urgemment » concernant la gestion des déchets bitumineux sur le site Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires prévu à Bure (Meuse), selon la Commission d’évaluation des recherches sur les déchets radioactifs (CNE).

>> A lire aussi : Une manifestation contre l'enfouissement de déchets nucléaires à Bure vire à l'affrontement

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait d’ores et déjà pointé les « incertitudes » quant au « comportement » des déchets enfermés dans du bitume en cas d’élévation de température, notamment en cas de réaction chimique entre produits. Ces fûts, qui représenteront environ 18 % des déchets stockés par Cigéo, sont très inflammables.

Un débat « scientifique et technique »

C’est une « question quand même importante car les colis de bitume sont nombreux au sein de Cigéo et ils seraient (…) parmi les premiers à être stockés », a souligné à l’Assemblée nationale Gilles Pijaudier-Cabot, vice-président de la CNE, devant les parlementaires de l’Office d’évaluation des choix scientifiques. Deux pistes de réflexion sont donc proposées par l’ASN, avec une préférence pour la seconde : modifier les conditions de stockage ou traiter les bitumes pour réduire leur inflammabilité.

>> A lire aussi : Dans les sous-sols de Bure, le futur cimetière nucléaire français

« S’ensuit une question de faisabilité à l’échelle du stock de bitumes que nous avons », a ajouté jeudi le représentant de la CNE, qui présentait son rapport annuel. « Clairement la commission considère aujourd’hui qu’il y a là un débat scientifique et technique », a-t-il dit.

Une expertise internationale demandée

« Une façon de répondre à ce débat (…) est de mettre en place une expertise externe internationale qui permettrait au moins de partager l’ensemble des connaissances, de façon à éclairer au mieux les décisions. Et ça, nous pensons qu’il est assez urgent de mettre en place cette expertise scientifique internationale. »

A partir des années 1970, une partie des déchets finaux de moyenne activité ont été enfermés dans du bitume, le processus de vitrification ayant été mis au point plus tardivement. Quelque 40.000 fûts d’environ 200 litres sont concernés, selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

>> A lire aussi : Des experts pointent les lacunes du projet de stockage

La réactivité des sels de bitume ayant conduit à des incidents notamment au Japon à la fin des années 1990, le bitumage a ensuite été interdit en France, à l’exception d’une installation encore en activité à La Hague. Le projet Cigéo vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français. Le démarrage de la phase pilote est prévu vers 2025.