Une manifestation contre l'enfouissement de déchets nucléaires à Bure vire à l'affrontement

ENVIRONNEMENT Les affrontements entre manifestants et gendarmes ont fait cinq blessés, dont deux gendarmes...

20 Minutes avec AFP

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Strasbourg le 21 février 2017. Bure, dans le bois Lejuc occupé par les militants antinucléaire.
Strasbourg le 21 février 2017. Bure, dans le bois Lejuc occupé par les militants antinucléaire. — G. Varela / 20 Minutes

Des incidents ont éclaté ce mardi à Bure, dans la Meuse, en marge d’une manifestation contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires. La gendarmerie a dû faire usage d’un canon à eau, de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène contre une partie des 300 à 1.000 protestataires, a-t-on appris de sources concordantes.

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« Nous avons une dizaine de blessés, dont l’un a un pied très abîmé, et un autre une grave brûlure à la joue », a affirmé un des militants s’exprimant au nom du collectif des opposants à Cigéo, et qui se fait appeler « Michel ». Selon lui, un millier de personnes au total avaient pris part à la manifestation.

Deux gendarmes et trois manifestants blessés

La préfecture de la Meuse, de son côté, a précisé que deux gendarmes mobiles avaient été blessés par un « engin artisanal lancé par les opposants ». Un peu plus tôt, elle avait indiqué que l’un des gendarmes blessés souffrait d’un « trauma sonore ». Quant aux manifestants, ils compteraient au moins trois blessés dans leurs rangs (l’un à la cheville, un autre au menton, un troisième aux côtes), selon le compte-rendu de leurs appels aux pompiers transmis par la préfecture.

Les autorités ont dénombré 300 manifestants, dont la majorité était « casquée, cagoulée, vêtue de noir et armée de pierres, bâtons, boucliers… ». Toujours selon la préfecture, les opposants ont jeté des pierres sur des gendarmes « pré-positionnés à titre préventif », puis un peu plus loin leur ont jeté des cocktails Molotov.

« On ne souhaitait pas l’affrontement, mais il y a eu effectivement des affrontements avec la gendarmerie, parce qu’elle nous a empêchés de manifester où on le souhaitait », a souligné « Michel ».

« C’est pas ça qui va nous démobiliser »

« C’est une répression très violente, mais on continuera le combat, c’est pas ça qui va nous démobiliser », a-t-il ajouté. Un autre porte-parole, qui se fait appeler « John », a précisé qu’une partie des manifestants portait effectivement des masques par « sécurité », car selon lui ils sont « régulièrement convoqués au commissariat » pour répondre de leur activité militante à Bure.

« Est-ce à coups de canons à eau que l’Andra compte noyer les risques d’incendie et d’explosion souterrains ? », ont ironisé les opposants dans un communiqué diffusé après les échauffourées.

Une première victoire

Le projet Cigéo, objet d’une guérilla juridique entre l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) et ses opposants, vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français. Les opposants ont marqué un point début août, lorsque l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a émis des « réserves » face à ce projet, notamment des « incertitudes » concernant le comportement de déchets hautement inflammables en cas d’élévation de température.