Antarctique: La faille Larsen C gagne du terrain et inquiète les scientifiques

ENVIRONNEMENT Un morceau de banquise de 5.000 km² menace de se détacher et de provoquer une montée de dix centimètres du niveau des eaux des océans du monde...

20 Minutes avec agence

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La faille Larsen C en Antarctique, le 10 novembre 2016. La fracture qui continue de se creuser inquiète les scientifiques.
La faille Larsen C en Antarctique, le 10 novembre 2016. La fracture qui continue de se creuser inquiète les scientifiques. — Nasa Earth Observatory

Une faille détectée sur la barrière de Larsen (nord-ouest de l’Antarctique) pourrait bientôt être à l’origine du détachement d’un immense bloc de glace d’une surface de 5.000 km², soit cinq fois la superficie de Paris.

Le risque d’une séparation imminente est d’autant plus grand que la faille, qui s’élargit d’un mètre par jour et qui se rapproche petit à petit de l’océan Atlantique, s'est dédoublée. Ces observations viennent d'être rendues publiques par le géophysicien américain Dan McGrath et les membres du Projet Midas, un groupe britannique de surveillance de la banquise.

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« Il est si près de la rupture que je pense que c’est inévitable »

Ces derniers ont constaté que la faille à l’origine du danger, baptisée Larsen C, avait vu sa longueur passer de 117 à 175 kilomètres entre novembre 2016 et janvier 2017. Ces informations, fournies par le satellite de l’Agence spatiale européenne (ESA) Sentinel-1, sont loin de rassurer les spécialistes.

Comme Larsen B, un autre segment de glace qui s’était brisé en 2002, l’immense bloc « va probablement se briser dans les mois à venir, je serais étonné que cela ne se produise pas. [Il] est si près de la rupture que je pense que c’est inévitable », estimait déjà en janvier le responsable du projet Midas, Adrian Luckman.

L’évacuation de l’eau des glaciers bloquée

Si les prévisions du chercheur s’avèrent justes, le détachement fragiliserait l’intégralité de la barrière de Larsen avec, à la clé, un risque d’augmentation du niveau des océans allant jusqu’à dix centimètres.

Ce n’est pas l’iceberg géant lui-même qui créerait le phénomène puisque la glace flotterait comme elle le faisait auparavant. Mais la masse du bloc constituerait alors une barrière qui bloquerait l’évacuation de l’eau des glaciers et entraînerait celle-ci dans l’océan Atlantique.

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