Mortalité des abeilles: Les apiculteurs contestent les données du ministère de l'Agriculture

BIODIVERSITE Le texte assure que les pesticides ne jouent qu’un rôle minime dans la mortalité qui augmente d’année en année et pointe de « mauvaises pratiques apicoles »…

20 Minutes avec agences

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Les insecticides épandus représentent un danger pour les abeilles.
Les insecticides épandus représentent un danger pour les abeilles. — YURI KADOBNOV / AFP

« Le dispositif de surveillance des mortalités massives aiguës d’abeilles mis en œuvre au niveau national est défaillant et non fiable. » C’est en ces termes que l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), principale organisation représentant les apiculteurs professionnels, conteste depuis vendredi une étude du ministère de l’Agriculture.

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Pesticides, agents pathogènes et « mauvaises pratiques apicoles »

L’Unaf fait référence à une note publiée cet automne par la Direction générale de l’alimentation (DGAL), qui affirme que la principale cause de mortalité des abeilles est due à des agents pathogènes (le varroa surtout), la deuxième étant de « mauvaises pratiques apicoles ». En d’autres termes, le texte conclue que les pesticides ne jouent qu’un rôle minime dans la mortalité des abeilles, très élevée depuis des années.

D’après l’Unaf, qui a passé en revue les données brutes de l’étude, la note de la DGAL attribue ainsi la mortalité des cas étudiés aux pesticides dans seulement 6,6 % des cas. Les agents pathogènes seraient responsables dans 39 % des cas, des phénomènes de désertion de la ruche dans 11 % et les mauvaises pratiques agricoles dans 14 % des déclarations.

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Pour un nouveau mode de collecte de données

« L’Unaf demande que le processus de collecte des données, leur qualité et leur exploitation soient évalués au plan national par un comité d’experts indépendants rassemblant les parties prenantes, y compris les apiculteurs au travers de leurs organisations syndicales », a fait savoir l’Unaf par la voix de son président Gilles Lanio.

Dans un communiqué, ce dernier dénonce cette étude et ses « biais réglementaires et statistiques (…) de nature à induire un effet de surreprésentation des causes pathologiques » et « une sous-évaluation de l’impact des résidus de pesticides ».

La production de miel divisée par trois en vingt ans en France

En raison de la surmortalité des colonies, la production de miel a été divisée par trois en vingt ans en France. Si la météo peut influer sur la production d’une année sur l’autre, la forte baisse au cours des deux dernières décennies pourrait être due à l’effet combiné de certains pesticides (en particulier les néonicotinoïdes) et de parasites (varroa, frelon asiatique, etc.).