Nicolas Hulot appuie Royal dans le débat contre l'huile de palme

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L'Italie s'indigne de la "croisade" de Ségolène Royal contre le Nutella
L'Italie s'indigne de la "croisade" de Ségolène Royal contre le Nutella — Justin Sullivan GETTY IMAGES NORTH AMERICA

L'écologiste Nicolas Hulot a estimé mardi que Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie, avait eu raison de relancer le débat contre l'huile de palme et doute de l'efficacité des labels d'exploitation durable pour prévenir la déforestation.

«A l'heure actuelle, le qualificatif +durable+ apposé à l'huile de palme, qui se base sur les critères de certification RSPO (Roundtable on sustainable palm oil) n'est pas une garantie suffisante, pour le consommateur, de ne pas participer à la destruction de la forêt tropicale et à la disparition de nos plus proches parents, les grands singes», écrit Nicolas Hulot dans une tribune publiée dans Le Monde et cosignée avec quatre scientifiques.

«Le débat soulevé par Ségolène Royal autour de la question de l'huile de palme présente dans les pâtes à tartiner est vital pour les grands singes», affirment les auteurs.

Mme Royal avait déclenché la semaine dernière une polémique en déclarant sur Canal+ qu'il fallait «arrêter de manger du Nutella, par exemple, par ce que c'est de l'huile de palme». La ministre de l'Ecologie faisait le lien entre «déforestation massive» pour la culture du palmier à huile et réchauffement climatique.

Ces déclarations avaient suscité l'indignation d'industriels de l'Alliance pour une huile de palme durable, dont l'Italien Ferrero le producteur de Nutella, qui estimaient que les filières durables devaient être défendues et encouragées.

La ministre avait fait marche arrière via un tweet: «Mille excuses pour la polémique sur le Nutella. D'accord pour mettre en valeur les progrès».

Dans leur tribune publiée dans Le Monde, les signataires expliquent que le label RSPO, s'il prohibe la destruction de forêts primaires, autorise des plantations de palmiers en monoculture après coupe rase de tourbières ou de forêts en régénération.

Or, les forêts secondaires ou en régénération «sont aujourd'hui un refuge de biodiversité», notamment pour de nombreuses espèces de singes, menacées par la perte d'habitat naturel.

Les auteurs appellent à ne pas reproduire en Afrique, où se développe la culture du palmier à huile, les erreurs commises en Malaisie et Indonésie, où est produit 80% de l'huile de palme et où la déforestation a été massive.

A l'Alliance pour une huile de palme durable, qui promet d'aller au-delà des critères RSPO, les signataires reprochent l'absence de contrôle indépendant en temps réel des nouveaux projets.

Ils suggèrent que l'industrie agro-alimentaire européenne, qui utilise l'huile de palme dans des milliers de produits, la remplace par des huiles de colza et de tournesol produites de manière écologique en Europe.

Ils proposent aussi qu'un autre modèle de culture des palmiers à huile émerge: planification nationale, utilisation de terres déjà défrichées, pluricultures et corridors permettant le déplacement des populations animales, limitation de l'usage des pesticides dangereux.