Deux baroudeurs achèvent à Strasbourg un tour du monde en voiture électrique

© 2012 AFP

— 

Ils ont rechargé leurs batteries dans le désert de Gobi ou des villages isolés de l'Ouest américain: deux ingénieurs français ont achevé lundi un tour du monde en voiture électrique, une aventure qui prouve selon eux que ce véhicule convient très bien à un usage quotidien.
Ils ont rechargé leurs batteries dans le désert de Gobi ou des villages isolés de l'Ouest américain: deux ingénieurs français ont achevé lundi un tour du monde en voiture électrique, une aventure qui prouve selon eux que ce véhicule convient très bien à un usage quotidien. — Patrick Hertzog afp.com

Ils ont rechargé leurs batteries dans le désert de Gobi ou des villages isolés de l'Ouest américain: deux ingénieurs français ont achevé lundi un tour du monde en voiture électrique, une aventure qui prouve selon eux que ce véhicule convient très bien à un usage quotidien.

Les deux globe-trotters, partis de Strasbourg le 11 février au volant de leur Citroën C-Zéro, y sont revenus lundi après un périple de huit mois, ponctué de quelque 250 séances de recharge, dans des stations-service, des commerces ou chez des particuliers.

"Si avec un véhicule électrique on peut faire le tour du monde, en passant par le désert de Gobi et les routes défoncées du Laos, ça prouve bien qu'on peut l'utiliser pour aller au travail, faire ses courses ou emmener les enfants à l'école", a commenté Xavier Degon, 27 ans, ingénieur chez EDF.

Lors de leur trajet de 25.000 km à travers 17 pays, les deux amis ont traversé les Etats-Unis de New York à San Francisco, puis le Japon, et enfin ont relié Singapour à Strasbourg via l'Asie du Sud-Est, la Chine, le Kazakhstan et l'Europe de l'Est.

La voiture devait être rechargée tous les 100 à 150 km, ce qui a donné lieu à "quelques galères", ont reconnu les voyageurs. "Nous ne sommes jamais tombés en panne sèche, même si parfois ça s'est joué à quelques kilomètres près, notamment sur le plateau tibétain et dans les Montagnes rocheuses aux Etats-Unis", a raconté l'autre aventurier, Antonin Guy, 29 ans.

Aux Etats-Unis, les deux Français ont notamment frôlé la panne sèche lorsque, sonnant à la porte d'une ferme isolée alors que leurs voyants étaient au rouge, ils ont été accueillis... par un paysan Amish qui vivait sans électricité. Mais ils trouvaient finalement une prise de courant quelques kilomètres plus loin.

En Malaisie, un câble depuis le 12e étage

"La voiture a suscité beaucoup d'intérêt de la part des gens que nous avons rencontrés. Certains l'ont essayée, et se sont rendus compte qu'elle était confortable et pratique", assure M. Guy.

Quant à l'aspect écologique, "il y a des pays où les gens ne s'intéressaient pas beaucoup à ça, mais les Américains se sont montrés sensibles à la différence de prix entre l'électricité et l'essence". Car les 25.000 km ont coûté environ 250 euros d'électricité, dont plus de la moitié ont été offerts par les propriétaires des prises de courant.

Lors d'une cérémonie d'accueil à Strasbourg, les deux jeunes gens ont d'ailleurs pu échanger par liaison vidéo internet avec certains de ces anonymes. Parmi eux, un habitant de Kuala Lumpur qui avait déroulé un câble de plusieurs dizaines de mètres entre la voiture garée au pied de son immeuble et son appartement situé... au 12e étage.

Selon Citroën, la C-Zéro - qui se recharge sur une simple prise de 220 V - s'est vendue à plus de 5.200 exemplaires en Europe depuis son lancement.

Les deux ingénieurs ont encore de nombreuses sollicitations médiatiques. Ils doivent aussi être reçus mardi à Paris par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Puis ils comptent retrouver leurs emplois d'ingénieur et leur vie quotidienne à Paris. "Nous n'avons pas de voiture", ont-ils confié en souriant.

Une autre aventure comparable a pris fin samedi à Strasbourg. Un Espagnol de 49 ans, Rafael de Mestre, a bouclé un tour du monde de 28.000 km à bord d'une voiture de sport électrique, le Tesla Roadster, plus rapide et à l'autonomie supérieure. Mais son conducteur a augmenté son bilan carbone en faisant voyager le bolide par avion, plutôt que par cargo, pour franchir les océans.