Wildlife Photographer of the Year 2016: Les lauréats du concours

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La rédaction de 20 Minutes
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Wildlife Photographer of the Year 2016

Les photos primées du Wildlife Photographer of the Year 2016 ont été dévoilées cette semaine. Il s'agit du concours organisé par le Natural History Museum de Londres et ce depuis 50 ans. Ce concours est accompagné de la sortie d'un livre aux éditions Biotope qui vous permettra de vous plonger dans les plus belles photos de nature.

  • Wildlife Photographer of the Year 2016

    Les photos primées du Wildlife Photographer of the Year 2016 ont été dévoilées cette semaine. Il s'agit du concours organisé par le Natural History Museum de Londres et ce depuis 50 ans. Ce concours est accompagné de la sortie d'un livre aux éditions Biotope qui vous permettra de vous plonger dans les plus belles photos de nature.

  • Tim Laman/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Grand Prix

    Tim Laman (Etats-Unis)

    Vies entremêlées

    Un jeune mâle orang-outan grimpe à trente mètres de hauteur en se servant de la plus épaisse liane d’un figuier étrangleur enroulé autour d’un arbre qui émerge de la canopée. L’arrière-plan est constitué de la forêt pluviale du parc national de Gunung Palung à l’ouest de Kalimantan, l’un des rares bastions de cette espèce à Bornéo. Le photographe dut passer trois jours à monter le long du fût à l’aide de cordes pour placer plusieurs appareils GoPro qu’il pouvait commander à distance. C’était sa seule chance de réaliser un portrait de l’animal avec en dessous une image panoramique de son milieu. 

    Tim Laman est un biologiste de terrain et un photojournaliste qui a déjà été primé dans ce concours. Il pense que la photographie participe d'une prise de conscience environnementale et qu’elle peut faire la différence vis-à-vis de la protection de la nature. Tim est un collaborateur régulier du National Geographic avec plus de vingt reportages à son actif, dont la plupart sont consacrés aux forêts pluviales.

  • Paul Hilton/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Photojournaliste (image unique)

    Paul Hilton (Royaume-Uni/Australie)

    La fosse à pangolins 

    Rien n’avait préparé Paul à ce qu’il voyait. Plus de 4.000 pangolins congelés! Ces 5 tonnes représentaient l’une des plus importantes saisies douanières réalisée pour ces animaux. Ils étaient destinés aux marchés chinois et vietnamien, comme aliment ou pour la médecine traditionnelle (selon laquelle ils sont censés traiter diverses affections). Les pangolins sont en première ligne des trafics mondiaux et les huit espèces sont concernées. Ce commerce illégal, ajouté aux pertes d’habitats et à la chasse, a conduit les quatre espèces asiatiques au bord de l’extinction et les quatre espèces africaines en prennent aussi le chemin. La saisie – une opération conjointe de la police indonésienne et de l’association World Conservation Society – concernait essentiellement des pangolins javanais. Les animaux étaient dissimulés dans un container, derrière une façade de poissons congelés, dans le port de Belawan, à Sumatra. Les cadavres furent incinérés dans une fosse, les survivants reconduits dans des forêts pluviales de l’île.

  • Ganesh H. Shankar/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Oiseaux

    Ganesh H. Shankar (Inde)

    Tentative d’expulsion 

    Les perruches à collier étaient fort malheureuses. Elles étaient revenues sur leur site de ponte, dans un grand arbre du parc national indien de Keoladeo, pour découvrir qu’un varan du Bengale avait déjà colonisé les lieux. Les oiseaux tentèrent immédiatement de se débarrasser du squatteur. Ils s’accrochaient tour à tour à la queue du reptile pendant quelques secondes le contraignant à réintégrer la cavité. Ils le persécutaient de nouveau sitôt qu’il sortait pour se prélasser au soleil. Cela dura deux jours. Finalement, les perruches renoncèrent et cherchèrent un autre site de ponte. 

  • Marco Colombo/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Reptiles Amphibiens Poissons

    Marco Colombo (Italie)

    Trésor lacustre 

    Les chaleurs estivales sur l’île de Sardaigne avaient réduit cette rivière de montagne à une succession de petits bassins et Marco s’était glissé dans ces eaux turbides. Sa quête d’images consacrée à la biodiversité des eaux douces concernait cette fois la timide cistude (tortue des marais). Malgré une répartition qui couvre le centre et le sud de l’Europe, de nombreuses populations de cette tortue sont en déclin. Elle est menacée par la pollution de l’eau, les pertes d’habitats et une compétition avec les tortues de Floride. Cette espèce, qui montre des taches jaune d’or sur sa peau et sa carapace, est également braconnée en tant que NAC (nouveaux animaux de compagnie). 

  • Nayan Khanolkar/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Monde urbain 

    Nayan Khanolkar (Inde)

    Panthère des rues 

    Dès la nuit, dans les faubourgs de Bombay qui bordent le parc national de Sanjay Gandhi, les panthères se glissent dans le labyrinthe des rues telles des fantômes. Elles y recherchent leurs proies, principalement des chiens errants. Le peuple Warli, qui vit ici, respecte ces félins malgré quelques face-à-face et de rares attaques. Une recrudescence récente de problèmes semble consécutive au rapatriement vers le parc de panthères capturées ailleurs. La tolérance des Warlis fait partie de leur culture et l’on retrouve des peintures représentant les félins sur les murs des maisons. Si la panthère est des plus versatiles, elle est aussi l’un des félins les plus persécutés. Alors que les conflits entre humains et panthères font souvent les grands titres, Nayan souhaitait que son image introduise une idée de tolérance. Après un regard fugace vers l’objectif, la panthère continua ses pérégrinations le long des maisons. 

  • Luis Javier Sandoval/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Impression 

    Luis Javier Sandoval (Mexique)

    Jeux de plages 

    Sitôt dans l’eau, Luis fut approché par une jeune otarie de Californie. Il était arrivé la veille sur l’île de Santo Espiritu, dans le golfe de Californie, dormant à bord de son bateau pour pouvoir plonger dès l’aube. Il imaginait une image avec une lumière chaude, une vitesse lente et un sujet amical. La jeune otarie sonda, propulsée gracieusement par ses deux puissantes palettes natatoires. Cette espèce est aussi agile sur terre car elle contrôle indépendamment ses deux palettes postérieures. Elle avait prélevé une étoile de mer sur le fond marin et l’avait lancée à Luis. «J’adore la manière dont ces animaux interagissent avec les plongeurs», commente-t-il. Les jeunes jouent pour aiguiser leur habilité et leur technique de pêche. L’otarie nageait sous les vagues et Luis devait être très rapide pour cadrer l’animal dans le mouvement des rouleaux. Il tourna son appareil vers la lumière de l’aurore au moment où l’otarie lui tendait l’étoile et où une seconde otarie entrait dans le champ: il pouvait créer sa vision artistique du caractère joueur de cette espèce. 

  • Tony Wu/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Monde sous-marin  

    Tony Wu (Etats-Unis)

    La ronde des vivaneaux 

    Quelques jours par mois, à la pleine lune, des milliers de vivaneaux se rassemblent pour frayer autour de l’île Palau, dans l’ouest du Pacifique. Les poissons répandent semence et œufs dans l’eau et les prédateurs arrivent pour tirer parti de cette abondance. Ayant entendu parler de cet événement, Tony ne pouvait comprendre qu’il fut si peu photographié et ce, jusqu’à ce qu’il plonge dans ces eaux en 2012. Les courants puissants étaient idéaux pour disperser doucement les pontes mais posaient problème au photographe pour suivre des poissons si rapides. De plus, il y avait peu de lumière et l’eau était troublée par les semences. Sa toute première tentative échoua, mais depuis, il est retourné chaque année à Palau à la recherche du succès. Tony avait noté que le frai se déroulait «comme une réaction en chaîne, qui touchait la masse de poissons du haut vers le bas», et il décida de se positionner pour que l’action vienne à lui. Récompensé par cette vision panoramique, il se demandait pourquoi les poissons changeaient rapidement de couleur et passaient du rouge à une multitude de teintes et de formes. Même leurs deux taches blanches caractéristiques proches de leur aileron dorsal semblaient apparaître de manière sporadique. Anticipant leurs mouvements, il put capturer cette spirale dynamique dans la lumière oblique du matin. 

  • Gideon Knight/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Grand Prix jeune

    Gideon Knight (Royaume-Uni) 

    La lune et le corbeau 

    Agé de 16 ans, Gideon pratique la photographie depuis trois ans. Il prend majoritairement ses images dans un parc proche de chez lui ou dans d’autres parcs de Londres. C’est un naturaliste assidu qui souhaite étudier les sciences au lycée et continuer la photographie comme loisir, tant au niveau artistique que comme moyen d’observation de la nature. Un parc, un arbre, un corbeau… quoi de plus commun. C’était l’un des corbeaux que Gideon croisait régulièrement dans le parc londonien de Valentines où il se rendait régulièrement pour réaliser des images. L’atmosphère bleutée du crépuscule et le lever de la pleine lune métamorphosaient les lieux. Les silhouettes filiformes des branches du sycomore se détachaient contre le ciel, «cela semblait presque surnaturel, comme issu d’un conte». 

  • Louis Pattyn/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Jeune 11-14 ans  

    Louis Pattyn (Belgique)

    Jeux d’enfant 

    Pendant les vacances d’été en Suisse, Louis et sa famille s’étaient installés dans un refuge de montagne dans le Niederhorn. Ils passaient leurs journées en promenade, dans l’espoir d’observer des animaux sauvages. Le plus beau jour fut celui où ils croisèrent un groupe de bouquetins. On les trouve le plus souvent dans les pierriers, au-dessus de la limite des arbres. L’espèce a été réintroduite en Suisse après avoir été chassée jusqu’à l’extinction au XIXe siècle. Les animaux broutaient à une dizaine de mètres et la harde, constituée de jeunes et de femelles, ne semblait pas inquiétée par la présence humaine. C’était un vrai luxe de pouvoir rester autant de temps aussi près de ses sujets. Au bout d’une heure, alors qu’il souhaitait prendre une image d’une silhouette de bouquetin, deux d’entre eux s’avancèrent sur une crête. Un des jeunes commença à jouer, tout en cornes courtes, queue en pompon et bonne humeur, offrant à Louis la chance de capturer ce moment joyeux. 

  • Carlos Perez Naval/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Jeune 10 ans

    Carlos Perez Naval (Espagne)

    En balance 

    Utilisant la voiture familiale comme affût, Carlos scrutait la roselière à la recherche d’oiseaux migrateurs dans la zone humide de Lechago, proche de sa maison en Espagne. Les hivers y sont froids et la neige tombait. Détectant un mouvement, Carlos suivit un petit oiseau qui voletait entre les tiges de la roselière. Il apparut enfin; c’était un pouillot véloce. Alors que la lumière changeait, l’oiseau s’arrêta une seconde à la limite des roseaux. C’était un vrai défi d’effectuer un cadrage rapide tout en décentrant l’oiseau. Carlos photographie depuis l’âge de 6 ans et c’est un ancien lauréat de ce concours, son habileté l’a une fois de plus récompensé. «La lumière, les formes géométriques des roseaux et la neige, tout se conjugua pour obtenir cette composition parfaite», raconte-t-il. 

  • Stefano Unterthiner/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Paysages 

    Stefano Unterthiner (Italie)

    L’esprit des montagnes 

    Depuis deux ans, Stefano photographie les paysages sauvages autour de sa maison du Val d’Aoste, dans le parc national du Grand Paradis. Après plusieurs jours de pluie et de neige, il avait l’intuition que la montagne serait enveloppée de nuages. Il marcha jusqu’à une ligne de vieux mélèzes, certains âgés de 250 ans. Les arbres se détachent contre cet arrière-plan spectaculaire et fusionnent avec les fentes et les replis des roches métamorphiques recouvertes de lichens. Il espérait y voir apparaître des bouquetins, ces animaux qui ont conduit à la création du parc national en 1922 mais il eut droit, presque invisible dans les nuages, au passage d’un gypaète dont on distingue la forme caractéristique et la queue cunéiforme. Cette espèce a été pourchassée jusqu’à l’extinction dans les Alpes au siècle dernier mais, depuis, des programmes de réintroduction font qu’il y niche à nouveau. 

  • Valter Binotto/Wildlife Photographer of the Year 2016

    Premier Prix Botanique

    Valter Binotto (Italie)

    Ecrit par le vent 

    A chaque rafale de vent, des nuages de pollen s’envolaient, irisés par la lumière hivernale. Ce noisetier poussait près de la maison de Valter, dans le nord de l’Italie. Pour bénéficier d’un arrière-plan sombre, il se positionna de telle façon que les fleurs soient à contre-jour. Un noisetier porte sur le même arbre des inflorescences mâles et femelles et pour la reproduction le pollen doit passer d’un arbre à un autre. Chaque chaton porte en moyenne 240 fleurs mâles alors que les fleurs femelles ressemblent à des petits bourgeons dotés d’une touffe de stigmates rouges. «Le plus difficile pour réaliser une image était que les chatons mâles bougeaient alors que les parties femelles se tenaient immobiles, explique Valter. Je dus choisir une branche courte qui soit bien stable.» 

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