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feu vertUne entreprise autorisée à creuser pour trouver de l’hydrogène « blanc »

Pyrénées-Atlantiques : Pour la première fois en France, on va rechercher de l’hydrogène « blanc » dans le sous-sol

feu vertLe gouvernement vient d’autoriser une entreprise à prospecter, pour la première fois en France, de l’hydrogène « blanc », naturellement présent dans le sous-sol. Les recherches auront lieu dans les Pyrénées-Atlantiques
Une citerne d'hydrogène. (Illustration)
Une citerne d'hydrogène. (Illustration) - Charfsinn86 / Canva
20 Minutes avec AFP

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L’hydrogène, principale piste pour décarboner les transports et l’industrie, reste complexe à produire à l’échelle industrielle. Quand il est « vert », il est issu d’électricité renouvelable et encore onéreux. Quand il est « gris », il est encore fabriqué à base d’énergies fossiles. D’où la voie de l’hydrogène « blanc », naturellement présent dans tous les sous-sols de la planète, que la France compte bien emprunter. Un premier permis d’exploration vient d’être accordé dans l’Hexagone. Dans les Pyrénées-Atlantiques plus exactement.

Annoncé dimanche dans le Journal officiel, ce « permis exclusif de recherches de mines d’hydrogène natif, hélium et substances connexes » dit « Sauve Terre H2 » a été accordé à la société TBH2 Aquitaine pour cinq ans sur une zone d’environ 225 km2.

« C’est un grand jour, on est très heureux de cette aventure qui démarre », a réagi auprès de l’AFP Vincent Bordmann, fondateur de l’entreprise basée à Pau. Selon lui, l’octroi de ce permis enclenche les travaux d’exploration, à commencer par des études sismiques. Le forage n’interviendra que dans deux ou trois ans après de nouvelles autorisations.

Un fort potentiel au pied des Pyrénées

Selon le gouvernement, il s’agit du premier permis accordé pour des recherches d’hydrogène blanc parmi six demandes déposées actuellement en France. Les autres dossiers à l’instruction sont situés dans le centre du pays, en Lorraine et dans le Jura, ainsi que dans les Pyrénées-Atlantiques, où une demande de permis de recherches a été déposée en mars par la start-up 45-8 Energy, basée à Metz, et Storengy, filiale d’Engie, pour une zone de 266 km² mitoyenne sur dix kilomètres de celle que va prospecter TBH2 Aquitaine.

Des études de terrain préliminaires avaient confirmé le potentiel du secteur. « À proximité des Pyrénées, l’hydrogène vient de l’interaction eau/roche » dans le sous-sol, explique Isabelle Moretti, chercheuse à l’université de Pau et des Pays de l’Adour. On en trouve d’ailleurs aussi côté espagnol, où l’entreprise Helios Aragón veut exploiter un puits foré il y a cinquante ans. « À l’époque, ça n’intéressait personne », souligne la scientifique.

De premiers forages en Australie, aux Etats-Unis et au Mali

La société espagnole table sur une réserve de 1,1 million de tonnes d’hydrogène naturel, qui pourrait être produit à un prix avoisinant un euro le kilo, « soit moitié moins cher » que l’hydrogène le plus abordable actuellement – « qui lui n’est pas décarboné » –, souligne Isabelle Moretti.

Dans le monde, des forages ont débuté en Australie ou aux États-Unis mais un seul site produit actuellement de l’hydrogène naturel, au Mali. « C’est une découverte qui a changé beaucoup de choses », explique Alain Prinzhofer, géochimiste spécialiste de l’hydrogène naturel, qui connaît bien ce gisement situé à 100 mètres de profondeur à Bourakébougou. « On a constaté que la pression y reste constante, voire augmente », ce qui implique un renouvellement des flux « à l’échelle d’un temps humain ». Contrairement aux nappes pétrolières.

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