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ARGENTLes pays riches trop radins dans la lutte contre le changement climatique ?

COP28 : Les pays riches ne donnent pas toujours l’argent promis pour lutter contre le changement climatique

ARGENT104,6 milliards d’euros ont été dépensés « pour des choses qui n’ont que peu ou pas de rapport avec le climat »
La COP28 s'ouvre ce jeudi à Dubaï.
La COP28 s'ouvre ce jeudi à Dubaï. - Peter Dejong/AP/Sipa / SIPA Press
20 Minutes avec agences

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La COP28 s’ouvre ce jeudi à Dubaï et les pays devront évoquer leur investissement financier pour combattre les conséquences du changement climatique. Il est prévu qu’ils parlent de l’adoption d’un cadre pour le nouveau fonds des Nations unies destiné à aider les pays les plus pauvres, premières victimes du changement climatique. Les débats n’ont pas encore débuté qu’une étude remet en cause l’aide financière que les pays riches et des institutions internationales consacrent à ce sujet.

Ils surestiment « largement » le montant de leurs contributions aux financements climatiques à destination des pays pauvres, a révélé une ONG ONE dans une analyse publiée jeudi. Elle constate un manque de plus de 340 milliards de dollars par rapport à leurs engagements.

De l’argent dépensé… pas pour le climat

Pour arriver à ce constat, elle a suivi le montant réel des contributions des gouvernements et institutions donateurs pour soutenir les pays vulnérables face au changement climatique, afin de vérifier les engagements financiers des pays riches et constituer une nouvelle base de données : les « Climate Finance Files ».

Selon cette analyse, près de deux tiers des engagements de financements climatiques recensés par l’OCDE entre 2013 et 2021 « n’ont jamais été déclarés comme décaissés » ou « n’étaient pas ou peu liés au climat », correspondant à un montant « stupéfiant » de 343 milliards de dollars (312 milliards d’euros). L’ONG constate par ailleurs que « plus d’un dollar sur cinq » des engagements financiers sur cette période, soit 115 milliards de dollars (104,6 milliards d’euros), « a été dépensé pour des choses qui n’ont que peu ou pas de rapport avec le climat ».

Des pays africains attendent toujours les aides

En outre, l’analyse précise qu’en 2021 les 20 pays les plus affectés par les effets du changement climatique « n’ont reçu que 6,5 % des financements » dont ils ont besoin chaque année pour lutter contre le changement climatique. Par exemple, le Nigeria n’a pas reçu 76 % de financements qui lui avaient été promis entre 2013 et 2021, tout comme le Sénégal (66 %) ou le Kenya (52 %).

Les Climate Finance Files permettent ainsi de mettre en lumière les « lacunes » et le « manque de transparence » dans le suivi des financements climatiques, indique ONE, jugeant « incomplètes » et « imprécises » les informations sur les contributions financières des gouvernements et institutions donateurs. Ces données – également reprises par l’OCDE et l’ONU – « ne sont absolument pas fiables » en raison de « l’absence de règles et de méthodologies communes » pour le suivi des financements climatiques, souligne l’ONG.

Les pays doivent « respecter leurs engagements historiques »

Elle cite notamment l’exemple du Japon qui comptabilise le « financement d’une centrale à charbon » dans ses financements climatiques, tout comme les Etats-Unis pour la « promotion de l’utilisation du gaz naturel » ou l’Italie pour l’acquisition des « équipements de la police ».

ONE a appelé les pays riches dans un communiqué à « respecter leurs engagements historiques » en matière de financement climatique, « y compris à atteindre réellement les 100 milliards de dollars annuels promis » dès 2020, un engagement conjoint des pays développés pris en 2009.

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