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InterviewLe Greenwashing Comedy Club, ou comment faire marrer en parlant climat

COP28 : « On ne donne pas de leçons de morale »… Comment parler du climat en faisant marrer les gens ?

InterviewRire pour partager des messages écolos : c’est le parti pris du Greenwashing Comedy Club, à travers des stands up qui abordent le réchauffement climatique et la justice sociale. « 20 Minutes » a interrogé Rafaëlla Scheer, membre du collectif
 Rafaëlla Scheer est membre du Greenwashing Comedy Club.
Rafaëlla Scheer est membre du Greenwashing Comedy Club. - Rafaëlla Scheer  / Rafaëlla Scheer
Farah Birhadiouen

Propos recueillis par Farah Birhadiouen

L'essentiel

  • 20 Minutes s’est entretenu avec Rafaëlla Scheer, humoriste et membre du Greenwashing Comedy Club.
  • Un collectif d’humoristes pas comme les autres qui mêlent stand up et questions environnementales.
  • Le Greenwashing Comedy Club joue un peu partout dans Paris et sa banlieue. Rafaëlla Scheer nous en dit plus.

«La COP28 sponsorisée par Sultan Al-Jaber, c’est un peu comme la fête des voisins sponsorisée par Vladimir Poutine. » Depuis deux ans, le Greenwashing Comedy Club, collectif d’humoristes engagés dans la cause environnementale, sillonne les salles à Paris et sa banlieue. L’objectif : parler du climat par le rire.

Alors que la COP28 a ouvert ses portes à Dubaï, 20 Minutes s’est entretenu avec Rafaëlla, membre du collectif.

D’où ça sort, le Greenwashing Comedy Club ?

C’est un collectif d’humoristes, fondé il y a deux ans par Anne Dupin, qui traite de sujets liés au climat et à la transition écologique. Son but : planter des graines dans l’esprit de gens qui n’y sont pas sensibles à la base et détendre ceux qui, au contraire, sont très sensibilisés à ces questions, y compris les éco-anxieux.

Le Greenwashing Comedy Club propose de rire autour de ces sujets pas pour les dédramatiser – parce qu’on sait que c’est grave, le changement climatique, et on ne dira jamais le contraire – mais d’abord pour permettre de souffler un bon coup, faire communauté et redonner envie d’agir.

Comment vous êtes-vous investie dedans ?

Dans ma vie « civile », je travaille dans une entreprise sur des sujets liés à la finance durable, et j’ai commencé à écrire des sketchs. Donc naturellement, ça s’est porté sur ces sujets-là. Je fais de l’humour depuis deux ans ; avant, je faisais du théâtre d’improvisation, mais j’ai vite rejoint le collectif.

Comment mêle-t-on stand up et climat ?

Quand on fait du stand up, on parle beaucoup de nos vies, c’est un art très personnel. On parle de nos rapports avec nos parents, du boulot, de nos relations amoureuses… Ça nous arrive pas mal de parler de nos contradictions, certaines de mes copines ne sont pas écolos, par exemple. Il s’agit avant tout de faire rire et pas de convaincre politiquement le public, on ne donne pas de leçons de morale.

Où peut-on assister aux stand up du Greenwashing Comedy Club ?

En ce moment, nous avons une dizaine de représentations par mois. Cela se fait assez souvent dans des lieux ayant un ADN engagé, comme l’Académie du climat (Paris 4e), HOBA (17e), la Maison du zéro déchet (12e) ou le Dock B à Pantin. On joue aussi lors d’événements associatifs, et de plus en plus au sein d’entreprises engagées ou ayant une démarche de transition.

Votre public est-il toujours composé de personnes sensibilisées aux questions climatiques ?

Le public varie pas mal, tout dépend de là où l’on joue. Parfois, cela se déroule dans des lieux où les gens ne sont pas spécialement sensibles. Par exemple, il y a quelques mois, nous étions au 6B, à Saint-Denis, et c’était le premier événement de ce genre là-bas. Je pense que beaucoup sont d’abord venus voir du stand up et pas spécialement le Greenwashing Comedy Club.

Au final, on aimerait juste s’ouvrir au plus grand nombre et ne pas jouer que devant des convaincus.

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