La grande «chêne» du papier écologique

RENTREE Quelles courses faire pour la rentrée? Sachant que cette année neuf consommateurs sur dix seront guidés par un critère écologique lors de l'achat, comment bien évaluer la qualité environnementale des cahiers de vos enfants? Néoplanète vous aide à choisir tout en protégeant la forêt...

Roxane Clément
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Abattage et découpe du bois par les bûcherons de l'ONF (Office National des Forêts) à Sèvres (Hauts-de-Seine).
Abattage et découpe du bois par les bûcherons de l'ONF (Office National des Forêts) à Sèvres (Hauts-de-Seine). — DUCLOS/SIPA


Le papier durable, qu’est-ce-que c’est?

Gérer durablement une forêt, c’est garantir des approvisionnements futurs en bois pérennes. Comment? En respectant ceux qui possèdent et travaillent dans les forêts, et en préservant la nature autour. Par exemple, l’utilisation d’OGM est interdite, et il est obligatoire de conserver quelques arbres morts par hectare pour favoriser la biodiversité.

Le papier recyclé et ses labels

Un papier recycle en moyenne 50% d’une fibre vierge et peut atteindre le 100%. Un recyclage complet signifie qu’il ne reste plus aucune trace de la cellulose d’origine. 

Pour plus d’infos sur le papier recyclé et ses labels, relisez notre article «L’écologie et le papier ? C’est plié !»

 Au supermarché, on choisit du durable ou du recyclé? 

Pour produire une tonne de papier durable, il faut 2 à 3 tonnes de bois. De son côté, le recyclé demande une tonne de papier usé pour recréer 700 kg de papier. Cette opération de récupération peut être répétée cinq fois, ce qui évite l’incinération du vieux papier.

Bilan: sachant qu’une tonne de papier, c’est 17 arbres abattus, 20.000 litres d’eau et un impact CO2 équivalent à un voyage Paris/Casablanca en voiture, le match écolo est incontestablement remporté par le recyclage du papier!

 Le bois certifié selon PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières)

Le PEFC est une association qui labellise les forêts françaises. Elle couvre quatorze millions d’hectares! Son objectif? Faire que les dérivés du bois soient issus de forêts durables.

Ses engagements

  • Suivre un cahier des charges      draconien qui contient 254 engagements      à respecter pour que la chaîne de production se déroule dans le respect de      l’environnement. A partir de 70% de matière écologique dans la chaine de      production, l’entreprise devient éligible au label.
  • Le PEFC, c’est «le consensus      entre producteurs,      intervenants et utilisateurs» selon le secrétaire générale de      l’association, Stéphane Marchesi. C’est pour cela que l’organisme effectue      fréquemment des audits.

Les «hics» du bois certifié

  • Comme l’avoue le président Marc      Antoine de Séve, «il n’est pas possible de réaliser des audits sur tous      les terrains car ils sont trop nombreux et souvent trop petits. Donc nous      effectuons des statistiques      par le biais d’organismes officiels.»
  • Chaque jour, deux entreprises      se voient attribuer le label. Mais autant qui se l’octroient sans      autorisation! Marc Duroy, directeur des forêts publiques      de l’Office national des forêts, explique que «deux grosses      entreprises de papier se sont vu retirer leur label      pour fraudes cette année», dont une pour vol de bois.
  • L’utopie forestière doit se      confronter aux embuches des lobbies industriels qui violent sans arrêt la      chartre de certification. Idem pour les gouvernements qui, dans certains      pays, menacent ou soudoient les propriétaires.

La fabrication du papier est souvent associée à la déforestation et à la pollution. Pourtant lorsqu’elle suit un cheminement responsable, elle peut participer à la sauvegarder des bois.

Marc Duroy, directeur des forêts publiques de l’Office national des forêts, l’affirme: «le papier est utile à la forêt (…) il ne la tue pas mais la fait vivre!».

En ce sens, l’usine mère Clairefontaine en Lorraine (créée en 1858) s’est engagée en faveur de l’environnement.

Engagements:

  • L’usine est proche des ressources      naturelles (eau et bois), ce qui lui permet de limiter son impact      carbone.
  • Le site s’est équipé d’une      station d’épuration qui rejette «l’eau plus propre qu’elle n’y était      rentrée» dans la rivière la Meurthe. Ce qui lui a valu un trophée de l’eau      et un prix du ministère de l’Environnement.
  • L’encre est non polluante et      non toxique.
  • Quant aux chutes      de papiers, elles sont transformées en compost pour les sols de la région      Lorraine.

 Les hics:

  • Le papier reste onéreux à la      fin de son processus.
  • L’usine est presque entièrement      automatisée (même les transpalettes), ce qui a impliqué des suppressions      de postes.
  • L’étanchéité du papier provient      de la fibre d’eucalyptus      et nous ne savons pas dans quelles conditions celui-ci est exploité.

L’aspect écologique, qui séduit les consommateurs, influence les organismes environnementaux et groupes industriels. Parmi eux, le secteur de la papeterie, première industrie de recyclage en France. En vingt ans, elle a réduit de 80% sa pollution des eaux et de 30% sa consommation d’énergie.

L’écologie et le papier? C’est plié!