Nucléaire: Pas de défauts pour les cuves des réacteurs français, selon l'ASN

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Les contrôles réalisés sur les réacteurs nucléaires français "n'ont à ce jour pas mis en évidence de défauts" du type de ceux détectés sur un réacteur de la centrale nucléaire belge de Doel, indique l'Autorité de Sûreté Nucléaire dans une note publiée samedi par le ministère de l'Ecologie.
Les contrôles réalisés sur les réacteurs nucléaires français "n'ont à ce jour pas mis en évidence de défauts" du type de ceux détectés sur un réacteur de la centrale nucléaire belge de Doel, indique l'Autorité de Sûreté Nucléaire dans une note publiée samedi par le ministère de l'Ecologie. — Philippe Desmazes afp.com

Les contrôles réalisés sur les réacteurs nucléaires français «n'ont à ce jour pas mis en évidence de défauts» du type de ceux détectés sur un réacteur de la centrale nucléaire belge de Doel, indique l'Autorité de Sûreté Nucléaire dans une note publiée ce samedi par le ministère de l'Ecologie.

Dès l'annonce mercredi par l'autorité fédérale de contrôle nucléaire belge (AFCN) de la découverte de défauts sur la cuve du réacteur n° 3 de la centrale de Doel, la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Dephine Batho a «immédiatement interrogé» l'ASN en France sur «d'éventuelles conséquences sur le parc électro-nucléaire français», a indiqué le ministère dans une déclaration écrite à l'AFP.

La réponse reçue jeudi

Delphine Batho a reçu la réponse de l'ASN jeudi et l'a rendue publique samedi dans un souci de transparence, précise le ministère interrogé par l'AFP. «En France, la fabrication des principaux équipements sous pression nucléaires, dont la cuve, est suivie de façon spécifique par l'ASN depuis 1974», indique la note de l'ASN.

«L'ensemble des composants de la cuve des réacteurs français ont fait l'objet de contrôles en fin de fabrication visant à détecter les défauts présents dans les pièces forgées, du type de ceux observés à Doel 3». «A la suite de la détection de défauts sur plusieurs composants lors de leur élaboration, la performance et les résultats de ces contrôles ont fait l'objet d'un examen approfondi par l'ASN en 1985 et 1986. L'ASN s'est également assurée lors du suivi des fabrications que les composants présentant des défauts inacceptables étaient rebutés», selon la note.

Pas de défauts en France

«En ce qui concerne le suivi en service des cuves des réacteurs nucléaires, il est demandé de réaliser, en France, un contrôle tous les 10 ans. Les défauts détectés à Doel 3 ont été mis en évidence par un contrôle semblable à celui mis en oeuvre sur les cuves des réacteurs français. Ce contrôle, plus étendu que le contrôle habituellement réalisé dans de nombreux pays dont la Belgique, a été réalisé pour la première fois à Doel 3 en 2012 à la demande de l'AFCN», poursuit l'ASN.

«Les contrôles réalisés sur les réacteurs français n'ont à ce jour pas mis en évidence de défauts de cette nature», indique l'ASN. «Les viroles des cuves des réacteurs français présentent cependant pour certaines des défauts sous leur revêtement interne en acier inoxydable qui sont des défauts de fabrication situés dans une zone qui ne faisait pas l'objet d'un contrôle adapté lors de la construction des équipements».

«La sûreté nucléaire n'est pas une option mais un impératif absolu»

«Ces défauts ne sont pas comparables à ceux détectés à Doel 3. Ils sont aujourd'hui bien identifiés et font l'objet d'une justification particulière examinée périodiquement par l'ASN et leur absence de nocivité est avérée. Le dernier examen de cette justification apportée par EDF a fait l'objet d'une prise de position de l'ASN en septembre 2010, publiée sur son site Internet».

Delphine Batho souligne que «la sûreté nucléaire n'est pas une option mais un impératif absolu et que la France attache la plus grande importance au suivi et au contrôle régulier de ses installations nucléaires, dont les résultats sont rendus publics en toute transparence». Denis Baupin, le vice président (EELV) de l'Assemblée nationale avait demandé à Delphine Batho de garantir la sûreté des cuves des réacteurs nucléaires français, dans une question écrite rendue publique samedi.