L'eurodéputé européen José Bové a réclamé la remise à plat de la politique gouvernementale sur les gaz de schiste et la suspension de toutes les autorisations d'exploration en cours, samedi sur France Inter.
L'eurodéputé européen José Bové a réclamé la remise à plat de la politique gouvernementale sur les gaz de schiste et la suspension de toutes les autorisations d'exploration en cours, samedi sur France Inter. — Eric Cabanis afp.com

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Gaz de schiste: José Bové demande la suspension de toutes les autorisations

L'eurodéputé européen José Bové a réclamé la remise à plat de la politique gouvernementale sur les gaz de schiste et la suspension de toutes les autorisations d'exploration en cours, samedi sur France Inter. Tout en se félicitant de la prise de position de la ministre de l'écologie, Delphine Batho, contre l'exploitation des gaz de schiste compte tenu des risques présentés par les techniques employées, M. Bové a estimé que le gouvernement devait aller «jusqu'au bout du processus». «Il faut tout remettre à plat et suspendre les autorisations de travaux» a-t-il dit, en évoquant notamment le cas de Doue en Seine-et-Marne où la société Toreador est autorisée depuis 2010 à réaliser un forage de recherche.

«Interdire de manière très claire tout forage»

Des permis de recherche d'hydrocarbures dans les couches schisteuses ont été accordés ces dernières années principalement en région parisienne mais également en Aquitaine, en Langedoc-Roussillon et en Lorraine, suscitant une forte mobilisation en raison des dégâts environnementaux provoqués par la seule technique existant aujourd'hui pour les extraire, celle de la fracturation hydraulique. Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a confirmé le mois dernier que cette technique, interdite par le Parlement l'an dernier, resterait interdite, sans toutefois se prononcer sur l'exploration des gaz de schiste.

«Il faut interdire de manière très claire tout forage profond dans les couches schisteuses», a estimé José Bové, qui a également invité le gouvernement à «rassurer les populations sur les demandes de travaux qui ont été effectuées et que les entreprises annoncent vouloir commencer dans les prochains mois». Pour l'eurodéputé, le gaz de schiste qui émet du méthane «incontrôlable» dans l'air est «beaucoup plus polluant» que le charbon et participe davantage au réchauffement climatique. Interrogé sur la conférence environnementale, programmée les 14 et 15 septembre, qui devrait notamment se pencher sur la transition énergétique, José Bové a souhaité que le gouvernement «soit très concret» et que les lois et les décrets d'application suivent rapidement. Il a également souhaité que le débat nucléaire «ne soit pas évacué» de la conférence.