Douze millions de Français vivent dans un air pollué

ENVIRONNEMENT Le bilan de la qualité de l'air en France pour 2011 montre encore une forte concentration en particules fines dans l'air hexagonal...

Audrey Chauvet

— 

Paris dans un nuage de pollution, le 26 mars 2012.
Paris dans un nuage de pollution, le 26 mars 2012. — DUCLOS/SIPA

Les particules fines ont envahi l’air français. Selon le bilan de la qualité de l’air publié ce vendredi par le ministère de l’Ecologie, les concentrations de polluants ont «peu évolué» en 2011, plongeant près de 12 millions de Français dans une atmosphère dépassant le seuil annuel de particules fines PM10.

Les particules fines, cause de 42.000 décès prématurés par an

Ces particules microscopiques, d’un diamètre inférieur à 10 micromètres sont émises en grande partie par les activités agricoles (épandages d’insecticides ou engrais, stockages d’effluents,…), l’industrie manufacturière, le secteur résidentiel et tertiaire, et le transport routier. Ainsi, en 2011 «les températures froides du premier trimestre associées à des conditions anticycloniques relativement stables ont favorisé les émissions dues au chauffage et à la non dispersion des particules, conduisant à un nombre élevé de dépassements des valeurs limites réglementaires en début d’année», explique le ministère.

Résultat, la valeur limite journalière de 50 microgrammes par mètre cube d’air à ne pas dépasser plus de 35 jours par an l’a été dans plusieurs régions de France: Alsace, Champagne-Ardenne, Haute Normandie, Ile-de-France, Martinique, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Picardie, Réunion et Rhône Alpes.  Au total, «douze millions de Français ont vécu en 2011 dans des zones n’ayant pas respecté les valeurs limites annuelles relatives aux particules PM10», reconnaît le ministère. Facilement inhalables, les particules fines peuvent pénétrer dans le système respiratoire, aggravant insuffisance respiratoire ou allergies. Selon l’Organisation mondiale de la santé, elles seraient la cause de 42.000 décès prématurés par an en France.

Le dioxyde d’azote toujours présent près des routes

Très nocif pour la santé, le dioxyde d’azote (NO2) a dépassé le seuil limite annuel de 40 microgrammes par mètre cube dans la plupart des grandes agglomérations. «Plus de 10 % des stations de mesure concernées, principalement en situation de proximité automobile, ont dépassé les valeurs limites réglementaires de dioxyde d’azote dans l’air en 2011», selon le bilan du ministère. D’Amiens à Valence, en passant par Lyon, Marseille, Besançon, Reims et Paris, toutes les grandes villes ont connu des épisodes de pollution au NO2. Emis en grande majorité par les transports, «Le dioxyde d’azote est particulièrement nocif pour la santé humaine. C’est un gaz irritant pour les bronches. Chez les asthmatiques, il augmente la fréquence et la gravité des crises. Chez l’enfant, il peut favoriser certaines infections pulmonaires», précise le ministère.

Il ya donc urgence à agir: la ministre de l’Ecologie Delphine Batho a promis d’inscrire la prévention des risques sanitaires environnementaux à l’ordre du jour de la Conférence environnementale à la rentrée et tiendra une réunion de travail avec les collectivités volontaires engagées dans l’élaboration de zones d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA). La France encourt depuis plusieurs années une amende de plusieurs centaines de millions d’euros de la part de l’Union européenne pour le non-respect des valeurs limites de pollution atmosphérique.