OCDE: Fukushima impactera peu le nucléaire civil

Avec Reuters

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La catastrophe nucléaire de Fukushima n'y a rien changé: l'expansion de la filière nucléaire civile dans le monde devrait se poursuivre au rythme qui était envisagé avant l'accident de mars 2011, selon un rapport de l'OCDE et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) publié jeudi. Le Japon a arrêté ses 50 réacteurs, l'Allemagne s'est engagée à sortir du nucléaire d'ici 2022. Mais la Chine, l'Inde, la Corée du Sud et la Russie notamment devraient assurer le développement de l'énergie nucléaire à moyen terme.

Dans leur rapport bisannuel sur les ressources, la production et la consommation d'uranium, l'OCDE et l'AIEA estiment que la croissance des capacités nucléaires mondiales d'ici 2035 sera comprise dans une fourchette allant de +44% à +99%. Il y a deux ans, la fourchette retenue était de +37% à +110%.

Pour Gary Dyck, qui dirige le département du cycle des combustibles nucléaires à l'AIEA, Fukushima apparaîtra à long terme comme un simple «ralentisseur routier». «Nous anticipons toujours une croissance énorme en Chine», ajoute-t-il.  Pour l'Asie orientale, le «Livre rouge» table sur une expansion comprise entre +125% et +185%.

Mais cette fourchette n'intègre pas le scénario qui verrait le Japon renoncer à l'énergie nucléaire, précise un des auteurs du rapport, Robert Vance. Le gouvernement japonais vient de redémarrer deux de ses réacteurs, provoquant une importante mobilisation des antinucléaires: ils étaient plus de 100.000 à manifester le 16 juillet dans les rues de Tokyo contre la relance du nucléaire. Les mines d'uranium devraient être en capacité de faire face à l'accroissement de la demande mondiale, note le «Livre rouge».