Rio+20, un encouragement aux énergies vertes confrontées à des turbulences

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La conférence Rio+20 devrait mettre l'accent sur le besoin d'encourager les investissements dans les "écotechnologies" et les énergies renouvelables, un secteur devenu un marché lucratif mais dont le passage à l'âge adulte s'accompagne de difficultés.
La conférence Rio+20 devrait mettre l'accent sur le besoin d'encourager les investissements dans les "écotechnologies" et les énergies renouvelables, un secteur devenu un marché lucratif mais dont le passage à l'âge adulte s'accompagne de difficultés. — Jeff Pachoud afp.com

La conférence Rio+20 devrait mettre l'accent sur le besoin d'encourager les investissements dans les "écotechnologies" et les énergies renouvelables, un secteur devenu un marché lucratif mais dont le passage à l'âge adulte s'accompagne de difficultés.

Depuis le "Sommet de la Terre" de 1992 à Rio, de nouvelles activités économiques à part entière liés à l'environnement se sont installées dans le paysage, et les éoliennes et autres panneaux solaires qui ont fleuri un peu partout sur la planète sont l'une des illustrations les plus visibles de cette "économie verte" à laquelle la conférence de Rio+20 est consacrée.

Cet essor semble de plus en plus motivé par la flambée du coût du pétrole et des matières premières, qui pousse les chefs d'entreprises à mettre en acte des engagements en faveur du "développement durable" longtemps vus comme de simples déclarations d'intentions peu suivies d'effet.

Dans une étude publiée au printemps, le cabinet de conseil Grant Thornton a souligné que le recours aux "cleantechs" (ou écotechnologies) est désormais majoritairement justifié par les "bénéfices commerciaux" que les entreprises espèrent en retirer.

Les "technologies vertes" ont en effet un immense atout en ces temps de crise: ce sont des investissements rentables sur le long terme, à l'heure où la croissance effrénée des pays émergents fait grimper le prix des ressources.

"La responsabilité sociétale et environnementale demeure un enjeu important mais ne représente plus la valeur motrice de l'adoption des développement durable", résume Grant Thornton. Sur plus de 11.000 entreprises interrogées dans le monde par le cabinet, 52% ont justifié l'adoption des "cleantechs" par la volonté de réduire leurs coûts et 45% par celle d'augmenter leurs profits.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui juge le développement des énergies à faibles émissions de CO2 trop lent pour contenir le réchauffement de la planète, plaide de son côté qu'investir dans ce domaine était un choix "économiquement rationnel", tout dollar dépensé pouvant générer trois dollars d'économies.

Un exemple emblématique est Google, qui a besoin d'énormes quantités d'électricité pour faire tourner ses serveurs, et a investi plus de 900 millions de dollars dans les énergies renouvelables.

Même les rois du pétrole s'y mettent. Le français Total a racheté l'été dernier le fabricant américain de panneaux solaires SunPower pour 1,3 milliard de dollars, devenant ainsi l'un des leaders mondiaux du photovoltaïque.

Cependant, Grant Thornton souligne que les aides gouvernementales "demeurent vitales" pour soutenir les écotechnologies.

Bercés à coup de subventions, les professionnels doivent désormais faire face à une conjoncture plus délicate, entre une crise qui oblige de nombreux gouvernements à tailler dans leurs aides, et une recherche coûteuse, sur fond de concurrence exacerbée.

Les professionnels de l'électricité solaire en ont fait l'expérience amère. Plusieurs fabricants allemands de panneaux photovoltaïques ont récemment baissé le rideau, asphyxiés par une concurrence chinoise jugée déloyale.

Les Etats-Unis, pourtant chantres du libre-échange, ont eux-mêmes tapé du poing sur la table en imposant le mois dernier des droits de douanes très élevés sur les cellules photovoltaïques chinoises.

Par ailleurs, le secteur garde le souvenir des faux-départs enregistrés au moment des chocs pétroliers de 1973 et 1979.

A l'époque, des initiatives en faveur des économies d'énergie ou du solaire avaient été lancées, avant d'être remisées avec la rechute des cours du pétrole dans les années 80, à l'image des panneaux solaires installés en 1979 par le président Carter sur le toit de la Maison Blanche et remisés par son successeur Reagan.

Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement se montre pourtant confiant. En annonçant lundi un bond de 52% des investissements réalisés en 2011 dans les énergies renouvelables, à 257 milliards de dollars, le PNUE a comparé les soubresauts que subit le secteur à la phase de maturation traversée par les constructeurs automobiles au début du 20e siècle, avant de devenir une industrie incontournable.