Rio+20: Que s'est-il passé ce lundi au Sommet de la terre ?

Audrey Chauvet

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Ca chauffe en ce début de semaine à Rio. Et pour cause : il fait 28°C et les chefs d’Etat arrivent mercredi pour finaliser une déclaration sur laquelle il y a encore beaucoup de travail à fournir… Ca chauffe aussi du côté des militants écologistes, qui se sont mis seins nus pour défendre l’environnement.

Des milliers de femmes, membres de mouvements sociaux et paysans, ont défilé lundi matin dans le quartier des affaires de Rio contre «l'économie verte» débattue au sommet des Nations unies sur le développement durable. Derrière une grande banderole où l'on pouvait lire «Les peuples sont contre la marchandisation de la nature», le cortège a parcouru plusieurs kilomètres en direction de l'Aterro do Flamengo où se déroule le Sommet des peuples organisé par la société civile en marge de Rio+20. Plusieurs centaines d'hommes, solidaires selon l’AFP, ont fermé la marche qui a fini avec une vingtaine d'étudiantes montrant leurs seins.

Au centre de conférences, l’ambiance était toute aussi tendue mais moins sympathique. Le secrétaire général du sommet a voulu rassurer en annonçant que les négociations sur le projet de texte final avançaient et que le Brésil poussait pour que tout soit finalisé ce lundi soir. Les ONG s’indignent de ce texte creux. La nuit risque d’être longue pour les négociateurs.

Rio se met au vert

La ville de Rio s’enorgueillit d’accueillir le sommet de la Terre et marque le coup ce lundi en présentant, avec la Banque mondiale, son programme pour réduire le bilan carbone de la ville. Avec la Coupe du monde de football en 2014 et les Jeux olympiques en 2016, c’était le bon moment pour investir dans des transports en commun et des pistes cyclables pour désengorger les routes et améliorer la qualité de l’air que les sportifs respireront. Le maire de Rio, Eduardo Paes, s’est engagé à diminuer les émissions de CO2 de sa ville de 8% d’ici à la fin de l’année et de 20% d’ici à 2020.

Les entreprises font des promesses

Le Corporate sustainability forum, qui rassemblait plus d’un millier d’entreprises, se félicite des engagements qui on été pris par les groupes pour être plus «durables». Microsoft, Unilever et Nike ont promis de revoir leurs processus de production, tandis que Pepsi, Coca et Levi’s ont annoncé qu’ils allaient réduire leur consommation d’eau. Des engagements aussi du côté des multinationales de l’énergie, qui se réunissaient lundi autour de Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies. GDF a ainsi assuré qu’il allait investir dans une cinquantaine de projets locaux dans les pays en développement d’ici à 2020 et qu’il augmenterait sa production d’énergie renouvelable de 50% entre 2009 et 2015. Ca n’a pas vraiment convaincu une centaine d’ONG qui craignent que la campagne des Nations unies pour permettre l’accès des plus pauvres aux énergies renouvelables ne soit transformée en manne financière par les entreprises.

Bianca Jagger, ambassadrice du programme de lutte contre la déforestation Plant a pledge, elle s’est réjouie de nouveaux engagements des Etats-Unis, du Rwanda et de plusieurs pays d’Amérique du Sud de replanter plus de 18 millions d’hectares de forêts. Le prix Fossile du jour a été attribué non pas à un pays, mais à quatre groupes pétroliers, Shell, Exxon Mobil, Petrobras, Chevron et BP, pour leur lobbying auprès des pouvoirs publics.