Une écologiste brésilienne veut faire de Rio «la place Tahrir de la crise environnementale»

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L'ex-candidate écologiste à la présidence du Brésil, Marina Silva, a appelé le monde à se rebeller et à faire du sommet de l'ONU Rio+20 en juin la "place Tahrir de la crise environnementale mondiale".
L'ex-candidate écologiste à la présidence du Brésil, Marina Silva, a appelé le monde à se rebeller et à faire du sommet de l'ONU Rio+20 en juin la "place Tahrir de la crise environnementale mondiale". — Yasuyoshi Chiba afp.com

L'ex-candidate écologiste à la présidence du Brésil, Marina Silva, a appelé le monde à se rebeller et à faire du sommet de l'ONU Rio+20 en juin la «place Tahrir de la crise environnementale mondiale».  Ce sommet réunira plus de cent chefs d'Etat de la planète du 20 au 22 juin et des dizaines de milliers de participants de la société civile pour débattre du développement durable.

J'espère que Rio+20 pourra devenir la place Tahrir de la crise environnementale mondiale et que l'opinion publique internationale pourra dire aux dirigeants qu'ils ne peuvent pas écarter la science de ce débat et qu'ils ne peuvent pas réduire les attentes face à une crise qui s'aggrave tous les jours», a dit Marina Silva, 53 ans, dans un entretien à l'AFP mardi, journée mondiale de l'environnement.

Contre le nouveau code forestier

Ex-ministre de l'environnement du président Lula, Marina Silva fait ainsi allusion à la place du Caire qui fut l'épicentre de la contestation contre le régime du président Hosni Moubarak en 2011 et le symbole du printemps arabe. Le nouveau code forestier, un «mauvais signal» pour Rio+20

La chef de file des écologistes brésiliens a également déclaré que le nouveau code forestier approuvé récemment par le parlement et auquel la présidente Dilma Rousseff a mis son veto partiel augmentera la déforestation en Amazonie et ne permettra pas de réduire les émissions de CO2 comme le Brésil s'y était engagé en 2009.

«Cela envoie un mauvais signal à la veille de Rio+20 quand le Brésil aurait pu s'ériger en exemple», a estimé Marina Silva en marge du Forum international des femmes à Sao Paulo. «Si à la veille de Rio+20, on élimine pratiquement la loi qui protège les forêts, on change la loi qui délimite les terres indigènes et on retire ses compétences à l'organisme fédéral chargé de contrôler les déboisements clandestins (...) imaginez ce qui va se passer», a déploré l'écologiste. Cette loi réformant le code forestier de 1965 est une victoire du puissant lobby agro-alimentaire après une bataille de plusieurs années contre les écologistes. L'ancien texte obligeait les propriétaires terriens à conserver intacte une partie des forêts, jusqu'à 80% en Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde.