L'agriculture bio franchit le cap du million d'hectares

AGRICULTURE Boostée par la demande, l'agriculture bio a progressé de 15% en 2011...

Audrey Chauvet

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Henri Marce, producteur de fruits et légumes bio à Montlaur-en-Diois, dans la Drôme, le 9 septembre 2011.
Henri Marce, producteur de fruits et légumes bio à Montlaur-en-Diois, dans la Drôme, le 9 septembre 2011. — A.Chauvet/20 Minutes

Plus de bio dans les champs et dans les paniers: le bilan de l’année 2011, présenté par l’Agence Bio, est positif pour l’agriculture biologique française. Même si elle ne représente encore que 3,5% de la surface agricole, la bio a franchi en mai le seuil symbolique du million d’hectares, soutenue par une demande constante des consommateurs. «Dans un contexte économique difficile, l’intérêt pour les produits bio se confirme avec une augmentation de 11% des ventes de produits alimentaires bio par rapport à 2010», commente Elisabeth Mercier, présidente de l’Agence Bio.

Quatre milliards d’euros de produits bio vendus  

En 2011, les ventes de bio ont ainsi atteint 4 milliards d’euros, soit 2,4% du marché alimentaire total. Les produits stars restent le lait et les œufs, qui représentent 20% des ventes de bio, suivis par l’épicerie salée et sucrée et les fruits et légumes frais. Spécialités françaises, le pain et le vin bio ont le vent en poupe: fin 2011, 7,4% du vignoble national était cultivé en bio et on enregistre une augmentation de 30% du nombre de boulangeries proposant des baguettes à base de farine bio. «Les consommateurs demandent du pain bio à leur boulanger habituel, c’est un élément déclenchant», estime Elisabeth Mercier. 

La viande bio, encore à la traine, pourrait bientôt rattraper son retard: le nombre d’éleveurs bio a augmenté de 20% entre 2010 et 2011 et 6,9% du cheptel français de poules pondeuses suit les principes biologiques. «Il y a un intérêt fort des consommateurs de bio pour le bien-être des poules, ils sont très sensibles au fait que les poules bio sont élevées en liberté», commente la présidente de l’Agence Bio. En revanche, les élevages de porcs mettront du temps à passer la barre des 1% de bio: «Leur donner de l’espace, une alimentation bio, une durée d’élevage plus longue, nécessite d’organiser des filières et d’instaurer un autre rapport qualité prix», pense Elisabeth Mercier.

Vente directe, du producteur au consommateur

Si la consommation bio a toujours lieu majoritairement dans les grandes surfaces, la tendance du «local» pourrait changer la donne: «Un producteur bio sur deux pratique la vente directe au consommateur, ne serait-ce que pour une petite partie de sa production, à la ferme ou sur les marchés», chiffre Elisabeth Mercier. Et les importations sont en recul, même si 38% des produits qui arrivent sur le marché français sont destinés à combler un manque de volume. «On tend à l’équilibre pour de  nombreux produits, comme le lait ou les pommes», assure la présidente de l’Agence Bio. Malgré tout, l’objectif du Grenelle de l’environnement d’atteindre 6% de surface bio en 2012 semble désormais enterré. 

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