Intermarché épinglé pour une publicité mensongère

CONSOMMATION Une association porte plainte contre le distributeur qui affirme vendre du poisson issu de la pêche durable...

A.C. avec AFP

— 

Le rayon poisson d'un supermarché, en région parisienne. 
Le rayon poisson d'un supermarché, en région parisienne.  — DURAND FLORENCE/SIPA

L'association BLOOM, qui a pour objectif de sensibiliser à la protection des écosystèmes marins, a porté plainte contre le géant de la distribution Intermarché pour publicité mensongère dans une campagne vantant ses pratiques de pêche. «Intermarché a produit une campagne de publicité qui vante les mérites de ses pratiques de pêche et qui estampille ses produits de pêche d'un label, qui n'en est pas un, de pêche responsable alors que, pour certains des poissons mentionnés explicitement, il s'agit d'espèces capturées avec des chaluts déployés dans les très grandes profondeurs des océans», a expliqué mercredi à l'AFP Claire Nouvian, présidente de BLOOM. La plainte, déclarée valable par l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), sera examinée vendredi par le Jury de déontologie publicitaire.

Pêche en eaux profondes

Dans sa campagne de publicité menée à la fin 2011 dans plusieurs magazines, Intermarché indiquait pratiquer avec sa flotte une pêche respectueuse des ressources naturelles et de l'environnement. Le texte disait par exemple que le consommateur peut «savourer sans l'ombre d'un doute et pour longtemps encore» des poissons capturés par des pratiques dont la plaignante affirme qu'elles sont «unanimement» dénoncées par les scientifiques et les ONG «comme étant parmi les plus destructrices au monde». La pratique de la pêche au chalut en eau profonde provoque immanquablement des captures accidentelles de certaines espèces de requins pourtant classées «en danger critique d'extinction» par l'Union internationale de la conservation de la nature (IUCN).

La publicité évoquait la lingue bleue et le sabre noir, poissons capturés en eau profonde au chalut et qui répondent «à la reconnaissance pêche responsable». Or, selon la plainte, cette expression «induit les consommateurs en erreur». «J'ai porté plainte contre eux parce qu'ils tentent de faire croire à l'éco-labellisation», a ajouté Claire Nouvian. La reconnaissance a été apportée par le Bureau Veritas, mais cela ne correspond à aucune certification menant à un véritable label pêche responsable. De plus, le logo employé par Intermarché ressemble à celui de l'organisme international MSC (Marine Stewardship Council), le seul actuellement habilité à une telle certification.

Intermarché réplique

Selon une porte-parole d'Intermarché, contactée par l'AFP, l'entreprise s'inscrit en faux contre cette plainte. «Nous faisons valoir devant l'ARPP la sincérité, le sérieux et le bien-fondé de notre démarche, la loyauté de notre communication, et notre légitimité en tant qu'acteur engagé dans la pêche maritime en France depuis de nombreuses années», a-t-elle indiqué dans un courriel. Intermarché a aussi souligné qu'il ne s'agissait pas d'une procédure judiciaire et que l'ARPP n'avait pas de pouvoir de sanction.