Après le carbone, l'azote menace l'environnement

ENVIRONNEMENT Ce gaz, qui constitue la majorité de l'air que nous respirons, peut être nocif pour l'environnement s'il est produit en excès...

Audrey Chauvet

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Des algues toxiques prospèrent en présence de nitrates.
Des algues toxiques prospèrent en présence de nitrates. — AP Photo/David Vincent

On en respire tous les jours à pleins poumons, et pourtant l’azote pourrait être mauvais pour l’environnement. Lorsque le cycle naturel de l’azote est perturbé, notamment par les engrais chimiques qui apportent des nitrates aux cultures pour accélérer leur développement, de nombreux dégâts, de l’eutrophisation des eaux à la perte de biodiversité, peuvent se produire dans l’environnement.

Dans une interview au journal New Scientist, Allison Leach, scientifique à l’université de Virginie, explique pourquoi nous devrions nous pencher sur notre «empreinte azote»: «Nous sommes inquiets au sujet de l’azote réactif, confie-t-elle, c’est-à-dire tout l’azote qui n’entre pas dans la constitution de 80% de notre atmosphère. Ces autres formes d’azote peuvent circuler dans les eaux, l’air et la terre et avoir des impacts négatifs en cascade sur l’environnement et la santé humaine.»

Les élevages émettent trop d’azote

Pollution atmosphérique, pluies acides, pertes de biodiversité… L’azote serait responsable de nombreux dégâts. Les principaux coupables seraient les engrais azotés, qui apportent des nitrates en excès dans les sols et provoquent l’eutrophisation des eaux. Les plages bretonnes, où les algues vertes se développent rapidement grâce aux nitrates qui flottent dans les rivières, sont un des exemples des perturbations que peut provoquer l’excès d’azote provenant de l’agriculture. Certains processus industriels augmentent également la concentration d’azote dans l’air. D’après l’European Nitrogen Assessment de 2011, la France émettrait ainsi 40kgs d’azote excédentaire par hectare et par an. Les Pays-Bas atteignent plus de 120kgs.

Allison Leach a développé un «calculateur azote» qui permet à chacun de mesurer sa part d’émissions azotées: comme pour le carbone, ce sont les gros mangeurs de viande qui obtiennent les plus mauvaises notes. Car pour produire un steak, il faut nourrir un bœuf avec une grande quantité de végétaux souvent produits à grands renforts d’engrais. Et les élevages produisent de grandes quantités de lisier, riches en nitrates. Pour résoudre le problème, une limitation de l’usage des pesticides et une meilleure gestion des épandages seraient nécessaire. A titre individuel, Allison Leach conseille de réduire sa consommation de viande. A condition de ne pas se rabattre sur des légumes cultivés avec des engrais chimiques.