Les Français ont mangé tous leurs poissons de l'année

CONSOMMATION Si l'on ne mangeait que les poissons pêchés dans les eaux françaises, nous arriverions ce lundi à l'épuisement du stock...

A.C. avec AFP

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Peche au chalut en mer Mediterranee, dans le Golfe du Lion.
Peche au chalut en mer Mediterranee, dans le Golfe du Lion. — GOYHENEX JEAN-MARIE/SIPA

Adieu cabillauds, sardines et anchois. Si la France ne consommait que le poisson pêché dans ses eaux, elle devrait s’en passer à compter de ce lundi, souligne l’étude de la New economics foundation (NEF) et l’association Ocean2012. La date d’épuisement virtuel du stock de poisson français arrive cette année trois semaines plus tôt qu’en 2011, et trois mois et demi plus tôt qu’il y a vingt ans, estiment les associations.

34,2kg de poisson par an et par personne

«Les citoyens européens consomment beaucoup plus de poisson que leurs mers ne peuvent en produire et sont de plus en plus dépendants d'autres pays», précise le rapport des deux ONG sur «le jour de dépendance à l'égard du poisson». Et sans les poissons d’élevage, ce jour serait avancé au 8 avril. Si le pays épuise ses stocks de plus en plus vite, c’est en raison d’une hausse de la consommation mais aussi d’une diminution des réserves en raison de la surpêche. Avec 34,2kg de poisson consommé par an et par personne, la France arrive en cinquième position du classement des plus gros mangeurs de poissons en Europe, où la moyenne est de 22,1kg. En 1960, elle n’était que de 9kg par an.

Une faim que les océans ne peuvent plus suivre: les pêcheurs vont de plus en plus au large pour pêcher et malgré les mesures mises en place pour épargner les poissons juvéniles ou les espèces menacées, les populations de poissons mettent du temps à se reconstituer. Les auteurs du rapport espèrent que la réforme en cours de la politique commune de la pêche incitera l'Europe à «se concentrer sur la restauration de ses propres écosystèmes marins et modifier ses niveaux de consommation pour qu'ils soient en rapport avec ses possibilités».