«Les Jardiniers du bitume»: pour un jardinage social

JARDINS En ces temps de crise économique et environnementale, nous ressentons tous le besoin de retrouver une communauté qui a du sens autour de nous. C'est pour cette raison que le phénomène des jardins partagés est en plein essor: une volonté de travailler avec ses mains, et avec ses voisins...

Julia Mahaffey

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Denis Loubaton, président de l'association Les Jardins du Ruisseau, où l'on peut venir partager un bout de nature.
Denis Loubaton, président de l'association Les Jardins du Ruisseau, où l'on peut venir partager un bout de nature. — alexandre gelebart / 20 minutes

Les jardins partagés sont des espaces verts, principalement trouvés dans les milieux urbains, où les gens d’un voisinage se partagent de petites parcelles de terre sur lesquelles ils peuvent faire pousser fleurs, herbes aromatiques ou légumes. Ce n’est pas sans rappeler les jardins ouvriers qui furent très populaires durant la Seconde Guerre Mondiale, apportant un complément alimentaire vital.

Aujourd’hui, cette nécessité est moindre, et les acteurs du mouvement ont d’autres priorités : c’est ce que l’on constate à la lecture de Jardiniers du bitume, un livre qui rassemble des exemples de jardins partagés, en soulignant le caractère social et même militant de la chose. Il s’agit, tout d’abord, de recréer un lien avec sa communauté, son immeuble, son quartier, sa ville. Les gens se retrouvent dans un cadre égalitaire d’entraide.

Mais les enjeux du jardin partagé vont plus loin encore: engager une réflexion sur l’organisation de l’espace urbain, transformer notre rapport à la consommation, devenir citoyens et réintroduire la nature dans nos vies. Voilà tout ce que peuvent englober ces humbles parterres.

Cette multiplicité des causes se retrouve à la lecture des Jardiniers du bitume, qui nous présente tour à tour le «jardin multiculturel», un lieu géré par l’Association des femmes maliennes de Montreuil sur le toit des locaux d’Air France et Décathlon. Ou encore l’Univert, «jardin d’insertion» qui accueille aussi bien les gens du quartier que des chômeurs longue durée. On découvre aussi le «jardin poétique» un espace écolo-culturel développé par l’Atelier Architecture Autogéré, qui en plus du jardinage, propose des brocantes, des soirées conte et des ateliers.

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