Thomas Dutronc: «Le microcrédit peut faire pousser de l'argent»

INTERVIEW Le chanteur donnera un concert privé le 9 mai au profit de MicroWorld.org, site de microcrédit solidaire...

Propos recueillis par Audrey Chauvet
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Thomas Dutronc sur un plateau de télévision en avril 2012.
Thomas Dutronc sur un plateau de télévision en avril 2012. — PMG/SIPA

Thomas Dutronc met sa guitare au service du microcrédit: le 9 mai, il jouera les morceaux de son dernier album, Silence, on tourne, on tourne en rond, pour un «microshow» organisé par le site de microcrédit MicroWorld. Avant son départ en tournée, qui passera par l’Olympia du 16 au 18 janvier 2013, Thomas Dutronc nous parle des causes qui le touchent.

>> Gagnez des places pour le concert privé de Thomas Dutronc sur www.microworld.org

Connaissiez-vous le microcrédit avant d’être sollicité par MicroWorld pour ce concert?

Non, je n’en avais pas vraiment entendu parler, mais j’avais quelques amis qui connaissaient. J’ai cherché à comprendre ce que c’était et ça me parait être un moyen concret et pragmatique d’aider les gens. C’est direct, chacun peut donner quelque chose et on ne perd pas d’argent puisqu’on est plutôt bien remboursé, peut-être trop!

Est-ce que ça vous a donné envie de devenir prêteur?

Oui, carrément. Ce qui me plaît, c’est que des gens qui s’y connaissent sélectionnent des petits entrepreneurs dans les pays en difficulté. Ce serait difficile pour moi de choisir entre un éleveur de cochons au Tadjikistan ou un cultivateur de boulghour au Pérou! Je pense que la priorité est de créer de la richesse dans ces pays, de faire pousser de l’argent là-bas. Et par les temps qui courent, je trouve ça bien de s’intéresser à ce qui se passe ailleurs qu’en France.

Vous pensez que c’est le rôle d’un artiste de soutenir des causes?

Soutenir des causes oui, mais pas des partis politiques! On me sollicite pas mal pour des concerts humanitaires, j’essaye d’en faire quand c’est possible. Par exemple, je participe aux Enfoirés. C’est amusant parce qu’on rencontre plein d’artistes, mais pour moi c’est aussi assez pénible car ça implique de passer une semaine comme en colonie de vacances, et ce n’est pas trop mon truc… Je le fais donc vraiment pour la cause. Je suis aussi parrain de l’association Alis qui soutient les gens atteints du «locked in syndrome». J’ai rencontré par ce biais une femme qui a réussi à s’en tirer, Laetitia Bohn-Derrien, et qui a écrit un très bon livre, intitulé Je parle. J’ai également signé une pétition contre les violences faites aux femmes, ça me semblait normal. Pour moi, ces engagements sont souvent liés à des rencontres: on ne peut pas faire un choix logique de causes à défendre.