Greenpeace dénonce les réseaux de l'industrie nucléaire en France

© 2012 AFP

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"Facenuke", un outil en ligne lancé vendredi par Greenpeace, met en évidence les interactions entre les hommes et organisations qui font la politique énergétique de la France, tels que Areva, les grands partis politiques, les patrons de l'industrie ou les chercheurs, sans négliger les hommes de l'ombre.
"Facenuke", un outil en ligne lancé vendredi par Greenpeace, met en évidence les interactions entre les hommes et organisations qui font la politique énergétique de la France, tels que Areva, les grands partis politiques, les patrons de l'industrie ou les chercheurs, sans négliger les hommes de l'ombre. — Boris Horvat afp.com

«Facenuke», un outil en ligne lancé vendredi par Greenpeace, met en évidence les interactions entre les hommes et organisations qui font la politique énergétique de la France, tels que Areva, les grands partis politiques, les patrons de l'industrie ou les chercheurs, sans négliger les hommes de l'ombre. Le système se présente comme une carte où des points plus ou moins gros, représentant les individus dans leurs organisations, sont reliés entre eux dans un réseau serré.

Facenuke, explique Greenpeace, donne à voir «une sorte d'Etat dans l'Etat qui décide de la politique énergétique de la France depuis 40 ans», «un univers d'experts et de technocrates». «La visualisation de ce système explique l'inertie de la politique énergétique française», ajoute l'association, pour qui le consensus français sur le nucléaire n'est qu'un consensus «entre les deux partis de gouvernement et les réseaux», qui exclut le citoyen des décisions énergétiques.

Le prochain président refusera-t-il «l’héritage»?

Il y a les incontournables, comme le président Nicolas Sarkozy, dont les liens sont relevés avec nombre de membres de l'Autorité de sûreté nucléaire, le Commissariat à l'énergie atomique, EDF, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. François Hollande, qui n'a lui-même jamais exercé le pouvoir, a des liens avec des socialistes nucléophiles. Anne Lauvergeon, ex-présidente d'Areva, le connecte indirectement à Areva, GDF-Suez et Total. «Il accepte l'héritage et ne le remet pas en question», affirme à l'AFP Karine Gavand, chargée des questions politiques chez Greenpeace.

Ramon Fernandez, directeur du Trésor, a des liens au CEA, à GDF Suez et à l'UMP. Marcel Boiteux, qui a fait toute sa carrière dans le nucléaire, est connecté avec le CNRS, EDF et la Fédération de l'environnement durable. Une association, selon Karine Gavand, «pro-nucléaire et anti-éolien». Quelques inconnus du grand public tiennent leur place dans le réseau comme Colette Lewiner, qui a travaillé successivement chez EDF, à la Cogema (ex-Areva), et aujourd'hui chez Capgemini. Bruno Bensasson, membre du comité exécutif de GDF Suez, a été conseiller du président Jacques Chirac en 2006 et a des liens avec l'ASN. Selon Karine Gavand, le politique a un rôle important à jouer: il reste «tout à fait possible qu'un président de la République refuse l'héritage et réoriente la politique énergétique de la France».