Présidentielle: L'écologie, une «maladie honteuse» pour les candidats, selon FNE

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L'écologie est-elle devenue une "maladie honteuse" dont les candidats préfèrent éviter de parler? Energie, étalement urbain, biodiversité, agriculture: France Nature Environnement (FNE), fédération de 3.000 associations, dresse "son" bilan de la campagne présidentielle.
L'écologie est-elle devenue une "maladie honteuse" dont les candidats préfèrent éviter de parler? Energie, étalement urbain, biodiversité, agriculture: France Nature Environnement (FNE), fédération de 3.000 associations, dresse "son" bilan de la campagne présidentielle. — Philippe Huguen afp.com

L'écologie est-elle devenue une «maladie honteuse» dont les candidats préfèrent éviter de parler? Energie, étalement urbain, biodiversité, agriculture: France Nature Environnement (FNE), fédération de 3.000 associations, dresse son bilan de la campagne présidentielle. FNE, à l'image du Pacte écologique de Nicolas Hulot en 2007, avait interpellé en janvier les candidats sur leurs propositions pour une «transition écologique». A l'approche du 1er tour, elle estime avoir été entendue sur certains sujets, beaucoup moins sur d'autres.

Ecologie en mode mineur

«On a un peu parlé d'écologie, mais pas beaucoup», regrette le président de FNE Bruno Genty. «On sent que dans les équipes de campagne, des gens ont travaillé ces sujets, mais ils n'en parlent pas, comme si c'était une maladie honteuse de se préoccuper de la planète.» Ce constat rejoint celui récemment établi par Nicolas Hulot qui avait souligné que «la crise économique a bouté la crise écologique hors de nos écrans radar». «La crise à laquelle on est confrontés est écologique et économique», renchérit Bruno Genty. «Les deux résultent d'un mode de fonctionnement à crédit». FNE n'a pas attribué de note aux candidats mais appelle les électeurs soucieux de la planète à s'intéresser, au-delà des seules propositions, «aux moyens que les candidats sont prêts à mobiliser».

L'énergie, sujet phare

Avec le nucléaire et la hausse du prix du pétrole, l'énergie est le «seul point qui ait émergé», pour Michel Dubromel, vice-président de FNE. Toutefois, le sujet «n'a pas été abordé à son niveau au vu des impacts sociaux que cela peut avoir». FNE avait demandé aux candidats comment ils mettraient en oeuvre une transition énergétique vers une économie émettant moins de CO2 et se passant de nucléaire. Seuls trois candidats -- François Hollande, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly -- posent les bases d'une transition globale, estime Michel Dubromel. Ce qui n'est pas le cas, selon lui, de Nicolas Sarkozy, qui, «au-delà de propositions ponctuelles, notamment sur le nucléaire, n'a pas vraiment abordé la question d'un débat sur l'énergie».

La biodiversité oubliée

FNE attendait les candidats sur le sujet de l'artificialisation des sols, une menace directe pour la biodiversité à travers l'étalement des villes et la construction d'infrastructures. Le sujet a été évoqué avec plus ou moins de détails par François Hollande, François Bayrou ou Nicolas Sarkozy, constate Benoît Hartmann, qui suit le dossier chez FNE. La plus «ambitieuse» en la matière, souligne-t-il, reste sans surprise la candidate écologiste Eva Joly. Reste que «la biodiversité est un des sujets les moins traités», se désole FNE, même si François Bayrou a fait de la survie des abeilles «un objectif politique».

L'agriculture, «un sujet difficile»

«L'impression qu'on a, c'est qu'il y a jusqu'à présent plus d'engagements précis pour le monde agricole que pour les défenseurs de l'environnement», note Marie-Catherine Schulz-Vannaxay, chargée de mission agriculture pour FNE. Concilier agriculture et écologie reste «un sujet difficile» au vu du poids de l'électorat agricole, note-t-elle. Pour autant, aucun candidat ne remet en cause les objectifs du Grenelle, comme la réduction de 50% de l'usage des pesticides d'ici 2018 ou 20% de surface agricole pour l'agriculture biologique en 2020. Et FNE de soumettre des suggestions de mesures, comme s'engager à abroger le récent décret sur les nitrates «qui ne résout pas le problème des algues vertes» ou interdire le pesticide Cruiser pour protéger les abeilles.