Fuite de gaz en mer du Nord: Que peut-il se passer maintenant?

ENVIRONNEMENT Trois issues sont envisagées par Total pour résoudre l'accident sur la plateforme d'Elgin...

Audrey Chauvet

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Un bateau sort du port d'Aberdeen, en Ecosse, pour se rendre près de la plateforme d'Elgin, d'où du gaz s'est échappé le 23 mars 2012.
Un bateau sort du port d'Aberdeen, en Ecosse, pour se rendre près de la plateforme d'Elgin, d'où du gaz s'est échappé le 23 mars 2012. — Steve Black / Rex Featu/REX/SIPA

Une fuite de gaz à endiguer et une torchère à éteindre: Total est toujours en train de réfléchir aux solutions pour revenir à une situation normale sur sa plate-forme d’Elgin, en mer du Nord.  Depuis dimanche, du gaz s’échappe d’un puits non exploité à 4.000m de profondeur et les risques d’explosion ne sont pas à exclure: si les vents entrainent le gaz échappé dans l’atmosphère vers la torchère allumée, la plate-forme pourrait être détruite par la détonation.

Interrogé par 20 Minutes, le groupe Total a confirmé que la fuite de gaz se poursuivait et que trois options étaient toujours à l’étude. La première consisterait à attendre que la fuite s’interrompe d’elle-même, par un soulagement naturel de la pression dans les fonds marins. Mais avec la quantité de gaz qui s’échappe, polluant la mer et l’atmosphère, difficile d’attendre que la nature fasse le travail.

Six mois pour un puits de secours

Deux interventions sont alors envisagées: l’obturation du puits qui fuit et le forage d’un puits de secours pour canaliser le gaz. Cette dernière solution pourrait être rapidement mise en œuvre, mais les travaux dureraient environ six mois: «Il pourrait s'écouler entre une semaine et 10 jours avant que nous ne commencions à creuser un puits de secours», a déclaré le directeur général de Total pour le Royaume-Uni lors d'une conférence de presse à Aberdeen, en Ecosse, ce vendredi matin.

«Nous avons lancé deux actions principales qui progressent en parallèle, la première vise à étouffer le puit à partir d'une base flottante, la seconde consiste à forer deux puits de dérivation» a indiqué Philippe Guys, directeur de la branche exploration au Royaume-Uni. Dans les deux cas, il s'agit d'arrêter la fuite, la première directement, en injectant des boues à haute densité, si les conditions de sécurité permettent d'approcher la plate-forme. A défaut, deux puits de dérivation seront forés pour soulager la pression du gaz et permettre l'injection des boues pour sceller le puits. «Pour cela, nous avons suspendu les opérations de deux de nos appareils de forage pour les rendre disponibles, pour travailler sur les puits de dérivation», a-t-il précisé. Pour éteindre la torchère, Total envisage de l’arroser par hélicoptère ou par bateau, ou encore de procéder à une purge à l'azote afin de la priver d'oxygène. Les investigations pour déterminer l’origine de la fuite sont encore en cours.

Pas de risque substantiel pour l'environnement, affirme le gouvernement britannique

Philippe Guys a révélé que les premiers problèmes sur le puits G4 de la plate-forme avaient été décelés le 25 février. Le groupe a alors injecté des boues pour étouffer le gaz. «Pendant ce processus, le 25 mars nous avons observé une forte augmentation de la pression suivie d'expulsion de boues et de gaz». A la suite de l'incident en février, le groupe a vérifié tous ses autres puits sur le champ d'Elgin, et aucun n'a montré d'anomalie, a-t-il précisé. «Nous ne nous attendons pas à des problèmes sur d'autres puits». Total a conservé «quelques effectifs» sur une plate-forme voisine à des fins de surveillance, selon lui, la situation ne présentant pas de danger pour eux à cette distance.

Selon le ministère britannique de l'Energie, les vols de surveillance de la zone montrent une extension de la nappe d'hydrocarbure à la surface de la mer, d'une surface de 22km sur 4,5km, avec un volume de condensat de gaz dans l'eau de 3,8 tonnes. «Le ministère considère qu'il n'y a toujours pas de risque substantiel pour l'environnement», indique le communiqué.