La France pourrait à nouveau être à sec cet été

SECHERESSE Les nappes phréatiques n'ont pas eu assez d'eau cet hiver pour compenser le déficit des années précédentes...

Audrey Chauvet

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La sécheresse sévit dans le Tarn, le 13 juin 2011.
La sécheresse sévit dans le Tarn, le 13 juin 2011. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

La sécheresse de l’été dernier pourrait bien se renouveler cette année, selon les dernières mesures effectuées par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Au 1er mars, 80% des nappes phréatiques françaises affichaient un niveau inférieur à la normale à cause d’un déficit de pluviométrie important durant l’hiver.

Il a plu moitié moins que la normale dans plusieurs régions, notamment en Bretagne, en Alsace ou en Midi-Pyrénées. Dans la région de Marseille, le déficit dépasse localement 75% et cette tendance s’est poursuivie en février avec des précipitations inférieures de 25% à la normale sur l’ensemble du pays. «La recharge n’a pas été efficace cette année, commente Nathalie Dorfliger, chef du service eau au BRGM. Il a plu irrégulièrement et cela n’a pas suffit à compenser plusieurs années déficitaires.» Résultat, la plus grande partie du bassin parisien, le bassin du Rhône, la nappe de Beauce, de la Craie en Touraine ou encore l’amont de la Garonne ont soif.

Observer l’impact du changement climatique

«Il est trop tôt pour dire si nous connaîtrons une sécheresse cet été, car il peut encore y avoir des pluies efficaces, explique Nathalie Dorfliger. Mais sur certains réservoirs, comme le bassin parisien, même une recharge plus importante cette année ne suffirait pas à retrouver niveau supérieur à la normale». Les nappes mettent en effet du temps à se recharger : la pluie qui tombe au printemps est moins bien absorbée par les sols qu’en hiver car les plantes ont besoin d’eau pour pousser et le soleil favorise l’évaporation. Le cycle de la nappe ne permettrait de revenir à un niveau normal qu’en une dizaine d’années, estime Nathalie Dorfliger.

Suivies mensuellement par le BRGM, les nappes phréatiques sont observées en 1.400 points sur tout le territoire, renforcés depuis quelques mois par des mesures destinées à évaluer l’impact du changement climatiques sur les réserves d’eau françaises. «Connaître cet impact implique d’avoir des séries longues de mesures, sur plus de trente ans.  En France, le réseau piézométrique a été mis en place après la sécheresse de 1976 et nous n’avons pas encore de données probantes», explique Nathalie Dorfliger. Un réseau dédié permettra bientôt de mesurer les effets à long terme du climat, et surtout anticiper le manque d’eau qui pourrait toucher de plus en plus souvent le territoire français.