Terres rares chinoises: Les Amis de la Terre dénoncent «l'hypocrisie» des pays développés

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Les Amis de la Terre ont dénoncé "l'hypocrisie" et "l'irresponsabilité" des pays développés, qui demandent à la Chine d'augmenter ses quotas d'exportation de terres rares alors qu'ils devraient freiner la demande mondiale en "encadrant l'industrie des nouvelles technologies", dans un communiqué publié mercredi.
Les Amis de la Terre ont dénoncé "l'hypocrisie" et "l'irresponsabilité" des pays développés, qui demandent à la Chine d'augmenter ses quotas d'exportation de terres rares alors qu'ils devraient freiner la demande mondiale en "encadrant l'industrie des nouvelles technologies", dans un communiqué publié mercredi. — afp.com

Les Amis de la Terre ont dénoncé mercredi «l'hypocrisie» et «l'irresponsabilité» des pays développés, qui demandent à la Chine d'augmenter ses quotas d'exportation de terres rares alors qu'ils devraient freiner la demande mondiale en «encadrant l'industrie des nouvelles technologies». Mardi, les Etats-Unis, l'Europe et le Japon ont porté plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce contre la Chine, accusée de limiter de façon abusive ses exportations de terres rares.

Les terres rares sont des éléments chimiques permettant d'accroître la miniaturisation, de fabriquer des écrans extra-plats ou de réduire les frottements des aimants dans les moteurs. Elles sont présentes à un infime pourcentage dans la roche mère, ce qui implique, rappellent les Amis de la Terre, «des moyens importants et des techniques lourdes d'extraction».

«Sortir des logiques d'obsolescence programmée»

Bien que les terres rares soient réparties de façon assez homogène dans le monde, les mines chinoises fournissent plus de 95% de la production mondiale. «Les pays développés n'extraient pas de terres rares chez eux car les dégâts environnementaux seraient considérables et les conditions de travail très difficiles», ce qui est «inacceptable pour l'opinion publique», souligne Sylvain Angerand. Mais alors «pourquoi l'accepter en Chine?», demande-t-il.

Les Amis de la Terre dénoncent «l'irresponsabilité des pays développés qui d'un côté incitent à la consommation et de l'autre refusent d'assumer les impacts environnementaux et sociaux qui en découlent». «Plutôt que de faire pression sur la Chine pour qu'elle augmente ses quotas d'exportation de terres rares, les pays développés devraient remettre en cause leurs modes de consommation et encadrer l'industrie des nouvelles technologies», estime l'ONG, relevant que les produits high-tech, vendus à grand renfort de publicité, «sont obsolètes en quelques mois».

Pour «réduire la demande mondiale» et «mettre un frein à l'extraction de ressources naturelles», Camille Lecomte, chargée de campagne, demande aux entreprises de «sortir des logiques d'obsolescence programmée» et de «rendre réparables les produits mis sur le marché».