Laurent Baffie: «Je suis un crapauduc à moi tout seul»

INTERVIEW Acteur, metteur en scène, réalisateur, animateur, Laurent Baffie est aussi un sauveteur de crapauds...

Propos recueillis par Audrey Chauvet

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Laurent Baffie au micro d'Europe 1, en juin 2011.
Laurent Baffie au micro d'Europe 1, en juin 2011. — DUPUY FLORENT/SIPA

Au printemps, malgré un agenda bien chargé, Laurent Baffie a une activité incontournable: il «fait les crapauds». Avec ses enfants, ses amis, et même sa mère. Amoureux de la nature et incollable en zoologie, Laurent Baffie  explique à 20 Minutes pourquoi il a décidé de soutenir la campagne de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) pour sauver les crapauds qui traversent les routes.

Pourquoi vous-êtes vous engagé dans la défense des crapauds?

J’habite près d’un étang fermé par une barrière. Pendant la période de reproduction, les crapauds sortent des bois et vont s’entasser devant cette barrière. Cela fait des centaines de crapauds écrasés sur la route. Pour stopper cette hécatombe, je les emmène dans un étang à 2km de chez moi.

Depuis combien de temps faites-vous ça?

Ca fait dix ans, j’ai ramassé des milliers de crapauds dans l’ouest de Paris. J’emmène mes potes, mes enfants, ma mère… Je suis un crapauduc à moi tout seul.

Vous avez vu un résultat?

Près de chez moi, on ne voit plus les crapauds écrasés comme avant. Plus je fais de crapauds, plus il y en a: une année, j’ai fait voyager plus de 1.000 crapauds pendant une semaine, peu de temps après j’avais 400 crapauds dans les flaques, je traversais la forêt la nuit avec des centaines de crapauds… 

Vous encouragez les gens à faire comme vous?

Oui, même si quand je le fais, je suis hors la loi: on n’a pas le droit de toucher ou de déplacer une espèce protégée. Je m’en fous complètement. Et en juin, une semaine après la fête des mères, j’ai lancé la «fête des mares»: j’encourage les gens à recréer des mares, car 90% d’entre elles ont disparu avec le remembrement.

D’où vous vient cet amour de la nature?

Quand j’étais jeune j’aimais bien regarder les documentaires animaliers. Ensuite je suis tombé dans les livres, je me suis tapé les dictionnaires de racines grecques et latines des noms d’animaux. Chez moi, j’ai la chance de voir des chouettes, des lapins, des biches, des renards… J’aime la zoologie de proximité. Je peux m’arrêter à un feu rouge pour regarder une limace.