Donner 1% de son chiffre d'affaires pour la planète: Les entreprises mettent la main à la poche pour l'environnement

ENTREPRISES Quelque 300 entreprises françaises ont adhéré au club «1% pour la planète»...

Audrey Chauvet

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Photographie illustrant le contraire du dicton «L'argent ne pousse pas sur les arbres».
Photographie illustrant le contraire du dicton «L'argent ne pousse pas sur les arbres». — Todd Muskopf/NEWSCOM/SIPA

Faire des affaires «au profit de la terre»: voilà ce que propose le club «1% pour la planète» ou «1% for the planet» en version originale. Née aux Etats-Unis en 2002 à l’initiative du très engagé dirigeant de la marque de vêtements Patagonia, cette démarche consiste à mettre en contact les entreprises qui ont envie d’aider des projets en faveur de l’environnement avec les associations qui recherchent des financements.

En France, 130 entreprises sont membres du club et peuvent afficher le logo sur leurs produits. D’une marque de champagne à un camping, en passant par le Festival du film d'aventure de La Rochelle ou des cabinets de conseil, le club n’est pas sectaire: «Il n’y a pas de critères pour adhérer, explique Jacques Fath, responsable du développement de «1% pour la planète» en France. Nous n’avons jamais eu le cas d’entreprises douteuses sur leurs pratiques qui voudraient nous rejoindre. S’il se présentait, le Conseil d’administration se réunirait.»

«C’est en gagnant de l’argent qu’on peut le partager»

Pas de risque qu’une entreprise polluante veuille se racheter en donnant 1% de son chiffre d’affaires à des associations, assure-t-on chez «1% pour la planète». A voir la liste des adhérents, il semble que ce soient plutôt des entrepreneurs déjà engagés qui complètent leur démarche par ce don. Ainsi, le 8 Valois, première salle de réception éco-responsable à Paris, a remis lundi un chèque de 20.000 euros à l’association Naturevolution.

«Adhérer à 1% est un choix d’entreprise fort qui correspond à notre stratégie», confie Emmanuel Cotsoyannis, fondateur de cette salle écolo avec ses parquets en bois labellisé PEFC, ses peintures sans solvants, ses luminaires basse consommation et son chauffage par géothermie. Donner 1% du chiffre d’affaires est un engagement lourd mais pas une charge pour nous. Et nous n’avons pas de scrupules à communiquer là-dessus, avec une vision déculpabilisée du développement durable: c’est en gagnant de l’argent qu’on peut le partager.»

Pour sauver la planète, l’argent n’a pas d’odeur (?)

Les entreprises sont libres de choisir l’association qu’elles veulent soutenir, dûment agréées par «1% pour la planète». En France Surfrider Foundation, Planète urgence, la LPO, Les Colibris, Kokopelli ou  des plus grosses associations comme le WWF ou France Nature Environnement ont bénéficié d’un don. Mais l’entreprise peut aussi arriver avec l’association qu’elle souhaite soutenir.

Le 8 Valois a ainsi choisi de partager son chiffre d’affaires avec Naturevolution, fondée par Evrard Wendenbaum, un aventurier parti à la découverte du massif du Makay, à Madagascar. «Notre objectif est d’obtenir le statut d’aire protégée pour ce massif qui abrite des milliers d’espèces animales et végétales pas encore étudiées», explique-t-il. Pour trouver les moyens de restaurer les espaces dégradés du Makay et de sensibiliser les populations au problème, Evrard Wendenbaum accepte tous les dons. «Si demain Total veut nous financer, j’accepte, car il vaut mieux qu’ils fassent ça plutôt que rien.» Pour l’instant, il devra se contenter d’un «coup de pouce» de 20.000 euros, qui représente un trentième du budget dont il a besoin.