Fukushima, un an après: L'Agence internationale de l'énergie atomique assure que le nucléaire est plus sûr qu'il y a un an

A.C. avec Reuters

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L'énergie atomique est plus sûre aujourd'hui qu'il y a un an, au moment du tsunami qui a déclenché à Fukushima la catastrophe nucléaire la plus grave depuis Tchernobyl, a affirmé vendredi le directeur général de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Yukiya Amano assure que des mesures significatives ont été prises pour renforcer la sécurité globale de l'atome dans le monde. «La sûreté nucléaire est plus forte qu'elle ne l'était il y a un an. Nous savons ce qui n'a pas fonctionné, et nous avons un programme très clair pour nous attaquer à ces causes, non seulement au Japon mais partout dans le monde», écrit le directeur japonais de l'agence onusienne.  «Nous devons maintenant entretenir cette dynamique, l'autosatisfaction peut tuer», poursuit-il.

«Même Fukushima aurait passé ces tests avec succès»

Le communiqué de l'AIEA admet que la catastrophe a incité l'industrie du nucléaire, les autorités de régulation et les gouvernements à repenser la sécurité des réacteurs et des centrales. «Elle a été provoquée par un déchaînement massif d'une force de la nature, mais ce sont les faiblesses existantes de conception relative aux défenses contre les risques naturels, aux contrôles, à la gestion des accidents et des secours qui ont permis qu'elle se déroule ainsi», souligne l'AIEA. Pour Yukiya Amano, «les erreurs humaines de ce type ne sont pas propres au Japon (...) Des pays du monde traquent les maillons faibles dans leurs propres systèmes, et prennent des mesures pour les renforcer».

Une vision que conteste l'organisation écologiste Greenpeace, pour laquelle «aucune leçon véritable» ne semble avoir été tirée de la catastrophe. «Les industriels et les responsables politiques du monde entier ont rapidement procédé à de soi-disant tests de résistance qui ont conclu au fait qu'aucun réacteur au monde était dangereux et devait être fermé», relève Jan Beranek, qui coordonne les campagnes anti-nucléaires de Greenpeace. «Il ne fait aucun doute que même Fukushima-Daichi aurait passé ces tests avec succès», écrit-il dans un courriel adressé à Reuters. L'AIEA, ajoute-t-il, «a même dit que le problème principal était de savoir comment rétablir la confiance de l'opinion - au lieu de chercher à mieux protéger les peuples. Cela doit changer, ou bien une nouvelle catastrophe nucléaire sera inévitable.»