Les PME de l'automobile misent sur l'électrique

SALON DE L'AUTOMOBILE Les petits constructeurs essayent de se faire une place sur le marché de la voiture électrique...

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Des PME se lancent dans le véhicule électrique un peu partout en Europe, avec l'espoir de bénéficier de leur assise locale et de l'élan instauré par les grands noms du secteur automobile pour se développer.
Des PME se lancent dans le véhicule électrique un peu partout en Europe, avec l'espoir de bénéficier de leur assise locale et de l'élan instauré par les grands noms du secteur automobile pour se développer. — Patrick Billard afp.com

Des PME se lancent dans le véhicule électrique un peu partout en Europe, avec l'espoir de bénéficier de leur assise locale et de l'élan instauré par les grands noms du secteur automobile pour se développer. La plupart d'entre elles n'existent que depuis cinq ou six ans et comptent pour l'instant une poignée de salariés. C'est le cas de Lumeneo, société française basée à Vernouillet, près de Paris, et qui compte une usine dans les Vosges (est).

«L'idée était de faire de très petites voitures pour résoudre les problèmes de stationnement en ville et c'est par cette contrainte de taille que nous sommes arrivés à la voiture électrique», explique son directeur marketing Xavier Moulène. L'entreprise a développé un petit véhicule deux places de 2,50 mètres de long et présente au salon automobile de Genève sa future voiture quatre places. Lumeneo commence tout juste à produire et «on espère l'année prochaine en faire entre 500 et 600».

Eclosions de start-up

La société ardéchoise Volteis présente un profil similaire. Créée en 2009, elle s'est placée sur un marché de niche avec sa petite jeep électrique, dont elle a déjà livré 180 exemplaires. Pour cette année, elle vise 200 unités. Ses clients sont des hôtels ou des loueurs de voitures à l'île Maurice ou aux Seychelles, mais aussi des viticulteurs par exemple, raconte Jean-Noël Peysson, directeur commercial. 60% d'entre eux sont des particuliers et le reste des entreprises.

Si l'Hexagone compte plusieurs start-up de ce type, elles font leur apparition dans d'autres pays européens dont l'Italie, l'Autriche ou encore la Suisse. Leur nombre dépend toutefois beaucoup de la politique menée par les gouvernements en la matière. L'entreprise italienne Belumbury, qui commence à vendre ses modèles électriques, produit à côté une version essence. «Le marché italien pour l'électrique est petit», déplore son responsable pour les achats Alessandro Galli.

«Etre une belle petite PME française»

Ces PME dépendent en effet beaucoup, au moins dans les premières années, des subventions que peuvent leur accorder Etat ou collectivités locales. «Nous avons aussi besoin de privilèges» comme un accès privilégié aux centres villes ou des places de parking gratuites, indique Edwin Kohl, dirigeant et actionnaire de Mia electric. Née sur les cendres d'Heuliez, elle possède une usine à Cerizay dans les Deux-Sèvres (sud-ouest). Avec une capacité de production annuelle de 12.000 véhicules et 350 salariés, elle se rapproche déjà plus de la cour des grands. Pour autant, comme les autres petits constructeurs, Mia ne gagne pas encore d'argent avec ses modèles électriques. Tous espèrent arriver à l'équilibre lorsque leurs usines tourneront à plein, ce qui n'est pas encore le cas. En attendant, ils financent leur développement grâce à des investisseurs ou à des activités annexes. 

Ces PME ne se considèrent pas comme des concurrentes des grands groupes qui investissent le domaine de l'électrique, comme les français PSA Peugeot Citroën, Renault et Bolloré ou le japonais Nissan. Chez Renault, qui a lancé des versions électrifiées de sa berline Fluence et de son utilitaire Kangoo, «on a déjà plus de 5.000 commandes, essentiellement sur Kangoo», indique son PDG Carlos Ghosn. PSA, qui a sorti l'an dernier ses modèles, en a écoulé environ 1.200 en France. Les petites entreprises comptent en revanche profiter de la publicité faite autour de la voiture électrique par les grands groupes. «Ce sont de bons concurrents», plaisante Xavier Moulène. Elles s'appuient aussi sur leur assise locale. La moitié des clients particuliers qui ont acheté des Mia sont de la région. Volteis s'approvisionne au maximum en France. «Notre but est d'être une belle petite PME française», résume Jean-Noël Peysson.