Australie: une campagne nationale contre le charbon menée par les écologistes

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Les écologistes australiens veulent mener une campagne nationale contre l'industrie du charbon, qui est un des moteurs de l'économie du pays, une initiative qui a provoqué mardi les foudres du gouvernement.
Les écologistes australiens veulent mener une campagne nationale contre l'industrie du charbon, qui est un des moteurs de l'économie du pays, une initiative qui a provoqué mardi les foudres du gouvernement. — Greg Wood afp.com

Les écologistes australiens veulent mener une campagne nationale contre l'industrie du charbon, qui est un des moteurs de l'économie du pays, une initiative qui a provoqué mardi les foudres du gouvernement. Selon des documents confidentiels publiés dans le quotidien The Australian, Greenpeace a pris la tête d'une campagne de plusieurs millions de dollars pour tenter de retarder ou de faire annuler une série de projets, en finançant des actions en justice et en alertant l'opinion. Cette campagne veut par exemple alimenter l'opposition au gaz de houille pour inciter le gouvernement à bloquer les projets.

Le secteur des matières premières australiennes, dont le charbon, est un des principaux moteurs de l'économie grâce à la très forte demande des pays émergents comme l'Inde et la Chine. Mais les écologistes s'inquiètent de l'impact des activités minières notamment sur les terres agricoles et les nappes phréatiques. Selon la coalition d'écologistes, emmenée par Greenpeace, «si nous n'agissons pas de manière décisive dans les deux ans, il sera trop tard pour espérer stopper la plupart des mines géantes et des infrastructures périphériques des grands projets», indiquent les documents parus dans la presse.

Une «symphonie» contre le charbon

La coalition cherche à créer «une campagne nationale sur le charbon qui fonctionnera comme un orchestre, avec quantité de voix différentes qui s'allieront à la manière d'une symphonie». Le ministre du Commerce Craig Emerson a qualifié cette initiative de «totalement irresponsable» tandis que le ministre de l'Economie et des Finances Wayne Swan a jugé que ce mouvement anti-charbon était «irrationnel» et «destructeur». «L'idée de passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables d'un coup de baguette magique est irréaliste», a déclaré Craig Emerson. «On entrerait dans une récession globale si on disait ça y est, on arrête le charbon, juste parce qu'ils pensent que c'est bon pour la planète».

Le ministre a par ailleurs rappelé que son gouvernement mettait en place à partir du 1er juillet une taxe carbone versée notamment par les groupes miniers, illustrant selon lui la prise en compte des inquiétudes sur la pollution. La Premier ministre Julia Gillard est elle aussi intervenue, assurant que «l'industrie du charbon a un grand avenir dans notre pays». Mais un des auteurs du document de Greenpeace, John Hepburn, a estimé que les inquiétudes des écologistes étaient «parfaitement légitimes». «Nous parlons de mines géantes qui vont multiplier par deux ou trois les exportations de charbon australiennes lors des dix prochaines années, avec un impact colossal sur nos meilleures terres agricoles, nos nappes phréatiques, et sur le climat», a-t-il déclaré à la radio ABC.