Depuis Fukushima, les Japonais ont peur des fantômes

JAPON Des rumeurs courent dans les villes ravagées par le tsunami...

A.C. avec AFP
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Une mère nettoie le mémorial aux enfants disparus pendant le tsunami du 11 mars 2011 dans une école élémentaire de Ishinomaki, au Japon.
Une mère nettoie le mémorial aux enfants disparus pendant le tsunami du 11 mars 2011 dans une école élémentaire de Ishinomaki, au Japon. — YOMIU/JAPAN OUT

Près de 20.000 âmes errent dans les villes du littoral japonais frappé par le tsunami en mars dernier. Dans des villes qui ont perdu près d’un habitant sur dix, les rumeurs d’apparition de fantômes vont bon train, rapporte l’AFP. «On m'a dit que des gens qui réparaient ce magasin sont tombés malades à cause des fantômes, témoigne un habitant de Ishinomaki. Des gens sont morts partout, ici et là. La ville est pleine de ces histoires.»

Une réaction «logique» pour les psychologues

Des chauffeurs de taxi qui refusent de s’arrêter à certains endroits de peur d’embarquer des spectres errants ou des visions de centaines de personnes courant pour échapper à la vague: la ville bruisse d’histoires plus inquiétantes les unes que les autres. Le traumatisme du tsunami n’est pas près de s’éteindre et la croyance dans l’existence de fantômes est «logique» pour les psychologues: «Les êtres humains trouvent très difficile d'accepter la notion de la mort, qu'ils soient enclins à la superstition ou au contraire très rationnels», explique l’anthropologue Takeo Funabiki. Une mort brutale est particulièrement incompréhensible et dans ce cas, l'expression de cette incrédulité peut prendre la forme de rumeurs, quelque chose qui peut être partagé avec d'autres personnes dans la société.»