Trop de paperasse dans les ministères français

RECYCLAGE La consommation et le recyclage du papier dans cinquante administrations françaises ont été passés au crible par le WWF...

Audrey Chauvet
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Des piles de papier à recycler.
Des piles de papier à recycler. — RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA

Dire que les ministères et les administrations croulent sous la paperasse, ce n’est pas vraiment une nouvelle. Ce qui est plus gênant, et que le comité PAP50 constitué par le WWF France et Rispote verte a voulu mettre en évidence dans son rapport «PAP50 Public» publié le 6 février, c’est que les administrations sont loin d’être exemplaires dans leur consommation de papier et son recyclage alors que le ministère de l’Environnement pousse les entreprises à renforcer le recyclage des papiers de bureau.

L’Elysée, les services du Premier ministre, 12 ministères, 22 régions, les dix plus grandes villes françaises et quatre organismes publics ou semi-publics ont été audités par le comité PAP50. Résultat: sur les différents critères évalués, quantité de papier consommée, proportion d’utilisation de papier recyclé ou issu de forêts gérées durablement et recyclage, seules 11 administrations dépassent la moyenne. Peut-être plus grave, près d’une administration sur deux a refusé de répondre à l’enquête, parmi elles les services de la Présidence, du Premier ministre et plus curieusement le ministère de l’Ecologie. «Les non-répondants ont été notés en fonction de la documentation publique accessible sur la politique papier», précise le rapport.

Quelques bons élèves, dont Pôle emploi et la ville de Strasbourg

Particulièrement décevant, le recyclage n’a été que rarement instauré dans les administrations. «Globalement les objectifs sur le papier définis dans la circulaire "État exemplaire" relative au Grenelle de l'environnement n'ont pas été atteints, commente le WWF France, puisque seuls deux ministères réussissent à valider les trois objectifs du Grenelle concernant le papier».

Les bons élèves méritent toutefois d’être mentionnés: le ministère des Affaires étrangères, le Conseil régional d’Ile-de-France, Pôle emploi et la ville de Strasbourg ont obtenu plus de 68 points sur 100. A eux d’ouvrir la voie ou de donner des conseils à leurs collègues pour prendre en compte les enjeux environnementaux qui se cachent derrière les tonnes de papier consommées: un employé de bureau français jette en moyenne 75kg de papier par an (soit environ 30 ramettes), composé pour plus de 95% de papier non recyclé et qui ne le sera que pour moitié après son passage à la poubelle. Le WWF rappelle que produire du papier recyclé utilise trois fois moins d’eau et d’énergie que pour la fabrication de papier non recyclé.