Un district chinois le long du fleuve Yangtsé a demandé l'arrêt de la construction d'une centrale nucléaire située sur le territoire d'un district voisin, estimant que ce projet met sa population en danger, a rapporté jeudi la presse chinoise.
Un district chinois le long du fleuve Yangtsé a demandé l'arrêt de la construction d'une centrale nucléaire située sur le territoire d'un district voisin, estimant que ce projet met sa population en danger, a rapporté jeudi la presse chinoise. — Frederic J. Brown afp.com

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Chine: Un district demande l'arrêt d'un projet de centrale nucléaire

Un district chinois le long du fleuve Yangtsé a demandé l'arrêt de la construction d'une centrale nucléaire située sur le territoire d'un district voisin, estimant que ce projet met sa population en danger, a rapporté ce jeudi la presse chinoise.

S'il est rare que les projets de centrales nucléaires soient contestés en Chine, il l'est encore plus que des autorités locales se mobilisent contre un projet qui a obtenu l'aval du gouvernement central. Dans un document officiel consultable sur l'Internet, le gouvernement du district de Wangjiang, dans la province de l'Anhui (est), affirme que des données du rapport d'impact environnemental pour la construction de la centrale de Pengze, de l'autre côté du Yangtsé dans la province du Jiangxi, sont fausses.

De récents séismes dans la région

La population résidant à moins de 10 kilomètres a ainsi été très nettement sous-estimée et un séisme de magnitude 5,7 s'est produit dans la région en 2006, tout comme un autre de magnitude 4,6 en septembre 2011, selon ce document. D'autre part, un grand nombre d'entreprises industrielles se trouvent à proximité de la future centrale, tandis qu'une enquête d'opinion a été réalisée sans que les habitants soient mis au courant de son enjeu, ajoute le texte.

«Le district de Pengze est le dernier sur le cours du Yangtsé dans le Jiangxi, tandis que 60% du cours du fleuve dans l'Anhui sont situés en aval» de la future centrale, toujours selon les autorités de Wangjiang, qui estiment que «des gaz et des liquides nocifs émis par la centrale vont gravement affecter les habitants en aval» du site. Pour le gouvernement de Pengze, dont le projet de centrale nucléaire a été approuvé en 2010, les accusations du district voisin sont «sans fondement», rapporte le quotidien Xinjing Bao.

Pour des rapports d'évaluation «publics et transparents»

Dans un commentaire sur cette controverse, ce journal demande que les rapports d'évaluation soient «publics et transparents», estimant que «l'accident de la centrale de Fukushima au Japon l'an dernier constitue un énorme avertissement» sur les dangers du nucléaire. Une internaute sur Sina Weibo, le principal service de microblogging chinois, souhaitait de son côté, qu'au-delà du district de Wangjiang, «le gouvernement provincial de l'Anhui s'élève contre cette centrale».

La Chine veut augmenter la part du nucléaire dans son mix énergétique. Elle possède actuellement 14 réacteurs en activité et a entrepris la construction de 25 autres, avec l'objectif de multiplier par cinq ou six sa production d'électricité d'origine nucléaire d'ici à 2020, selon la World Nuclear Association. Suite à l'accident de Fukushima, Pékin avait annoncé une révision des normes de sûreté et des procédures d'urgence des centrales nucléaires chinoises.