Génération Rio+20

ENVIRONNEMENT Mardi 31 janvier, la communauté scientifique et politique de nombreux pays s'est réunie à Paris dans le cadre d'une journée dédiée à la préparation française pour le prochain Sommet de la Terre à Rio, du 20 au 22 juin 2012. La France a réaffirmé ses positions en faveur d'une Organisation mondiale de l'environnement...

Jérémy Lamri

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Des manifestants pour le climat pendant le sommet de Copenhague en décembre 2009.
Des manifestants pour le climat pendant le sommet de Copenhague en décembre 2009. — BISSON BERNARD/JDD/SIPA

Des enjeux connus mais longtemps ignoré

«L’humanité n’a pas droit au suicide». En commençant par ces mots, Nathalie Koscisuko-Morizet a voulu clairement rappeler le lien d’interdépendance entre tout ce qui a vécu, vit et vivra. Il ne s’agit pas seulement de l’environnement en tant que tel, mais aussi et surtout de toutes les conditions qui font qu’il est durablement viable pour les êtres humains. Les enjeux mondiaux auxquels nous devons faire face n’ont pour seule réponse que des actions encore trop locales et mal coordonnées. Il s’agit de guérir d’une part, mais également de prévenir. «Le nouveau capitalisme sera vert ou ne sera pas», a enchainé la Ministre dans un élan du cœur.

La remise en question des modèles existants

C’est dans cet état d’esprit que s’est tenu le premier Sommet de la Terre à Stockholm en 1972. En pleine guerre froide, dans une société plus industrialisée et productiviste que jamais, l’appel à la responsabilité collective a eu un écho quelque peu étouffé. Le Sommet de la Terre de 1992, à Rio de Janeiro, s’est voulu annonciateur d’un modèle de société plus soucieux de l’environnement, à travers les nombreuses résolutions et promesses. Dans un monde ou le capitalisme et le libre-échange avaient (a priori) enfin triomphé sur le modèle communiste, des questions légitimes émergeaient néanmoins sur le sens d’une mondialisation effrénée et sans limites. Quel avenir pour un monde qui considère comme de simples parenthèses de l’Histoire les marées noires, explosions nucléaires, catastrophes chimiques et autres destructions massives de la biodiversité, dont l’espèce humaine fait notamment partie?

Malgré des avancées significatives, à travers de très nombreux engagements et résolutions, il reste encore un chemin très long à parcourir vingt ans plus tard. Non pas que nous devrions tous prendre nos plumes et chercher à rédiger les plus solides traités et conventions de par le monde. Mais plutôt que nous devrions nous assurer de notre volonté à nous astreindre à des engagements qui ne profiteront en très grande partie qu’aux générations futures. Sur les quelques 250 accords environnementaux multilatéraux et les 300 autres textes internationaux en matière d’environnement, seuls vingt sont réellement contraignants, et ne couvrent pas les mêmes zones géographiques. «La règle protège le faible, alors que l’absence de règles favorise le fort et oppresse», a renchéri la ministre.

Le temps est venu pour une OME

Devant l’inégalité de la volonté et des moyens des pays à internaliser les couts environnementaux dans leur économie, et après quarante ans de constats officiels, vient le temps de l’action. Vient le temps de se coordonner à l’échelle mondiale pour apporter des réponses appropriées. Vient le temps de l’Organisation mondiale de l’environnement (OME). Une telle organisation n’existe pas encore à ce jour. Chacune des grandes institutions internationales possède bien un comité ou un organe en charge des questions environnementales, mais ces initiatives sont ciblées pour répondre à des problématiques très spécifiques. Hors de question de créer de toute pièce un nouveau mastodonte administratif. Avec sa proposition d’améliorer le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et d’en faire une OME participative basée sur  des connaissances scientifiques objectivées au mieux, la France se veut pragmatique et réaliste. C’est pour cela que ça peut fonctionner.