Brésil: Rio+20, grande occasion de répondre à la crise

© 2012 AFP

— 

La Conférence de l'ONU sur le développement durable en juin au Brésil Rio+20 sera l'occasion de répondre à l'urgence de la crise, c'est pourquoi le Brésil espère la présence massive des dirigeants du monde, déclare la ministre de l'Environnement Izabella Teixeira.
La Conférence de l'ONU sur le développement durable en juin au Brésil Rio+20 sera l'occasion de répondre à l'urgence de la crise, c'est pourquoi le Brésil espère la présence massive des dirigeants du monde, déclare la ministre de l'Environnement Izabella Teixeira. — Christophe Simon afp.com

La Conférence de l'ONU sur le développement durable en juin au Brésil Rio+20 sera l'occasion de répondre à l'urgence de la crise, c'est pourquoi le Brésil espère la présence massive des dirigeants du monde, déclare la ministre de l'Environnement Izabella Teixeira.

"Il y a 20 ans on parlait d'avenir (...) maintenant nous avons l'urgence du présent. En 1992 nous n'avions pas de crise, on disait que le néolibéralisme avait une solution pour tout. Aujourd'hui (...) on a la crise économique",explique la ministre dans un entretien exclusif à l'AFP au Forum social de Porto Alegre (sud).

Ce forum "thématique" qui prendra fin dimanche prépare notamment le Sommet des peuples que les mouvements sociaux organiseront en marge de Rio+20 (13-22 juin), la conférence de l'ONU sur le développement durable, 20 ans après un précédent Sommet de la Terre à Rio.

Rio+20 est le quatrième sommet de ce type organisé par l'ONU après Stockhölm en 1972, Rio de Janeiro en 1992 et Johannesbourg en 2002.

"Rio+20 est une occasion exceptionnelle dans un monde où les gens cherchent de nouvelles idées et de nouveaux processus (...) pour appliquer un nouveau modèle de développement", dit la ministre.

Le Brésil et l'ONU misent sur un nombre de dirigeants "comparable" à 1992 quand plus de 100 chefs d'Etat et de gouvernement avaient participé au Sommet de la Terre, a dit la ministre.

"Il est important que les chefs d'Etat soient là mais il est important aussi que la société cvile et le secteur privé participent", pour arriver à un engagement complet, ajoute-t-elle.

Rio+20 encouragera les dirigeants à s'engager en quête d'une économie "plus verte et plus sociale" pour la planète, qui prenne en compte la lutte contre la pauvreté et le respect de l'environnement.

"Nous ne pouvons parler de développement durable si nous continuons à avoir de la misère, des inégalités et du chômage et si nous n'avons pas une nouvelle vision pour les ressources naturelles", dit Mme Teixeira.

Le premier avant-projet officiel de la conférence a été critiqué par les analystes et les organisations écologistes qui considèrent les propositions comme insuffisantes. Selon eux, il privilégie la "dimension économique" et ne résoud pas la crise complexe que vit la planète.

Mais le but du Brésil est d'obtenir un changement "ample et robuste", a dit la ministre.

Un des points forts de l'avant-projet est justement de définir des "Objectifs du développement durable" concernant la sécurité alimentaire, l'accès à l'eau, la création d'emplois verts et même des "modèles de production et de consommation durables".

Ces Objectifs seraient complémentaires des Objectifs du millénaire de l'ONU visant à éradiquer la pauvreté, auxquels 192 pays ont adhéré en 2000, a souligné la ministre.

Jeudi soir, la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a appelé à Porto Alegre à changer de "modèle de développement" aussi bien dans les pays riches que dans les pauvres.

"La tâche qui nous incombe ici et à Rio+20, c'est de déclencher un mouvement de rénovation des idées et de nouveaux processus, absolument nécessaires pour faire face aux jours difficles que vit une grande partie de l'humanité", a dit la présidente devant plus de 4.000 participants au Forum social.