La faune et la flore de l'île du Giglio mises en péril

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L'épave du Concordia, avec ses 2.400 tonnes de carburant, fait peser de lourdes menaces sur la faune et la flore de l'île italienne du Giglio, au coeur d'un archipel toscan considéré comme le plus grand parc marin en Europe.
L'épave du Concordia, avec ses 2.400 tonnes de carburant, fait peser de lourdes menaces sur la faune et la flore de l'île italienne du Giglio, au coeur d'un archipel toscan considéré comme le plus grand parc marin en Europe. — Vincenzo Pinto afp.com

L'épave du Concordia, avec ses 2.400 tonnes de carburant, fait peser de lourdes menaces sur la faune et la flore de l'île italienne du Giglio, au coeur d'un archipel toscan considéré comme le plus grand parc marin en Europe.

"L'effet serait dévastateur" si le carburant, encore contenu dans les réservoirs du paquebot échoué (propriété du groupe Carnival) depuis vendredi dernier, devait se déverser dans la mer, a déclaré à l'AFP Sebastiano Venneri, vice-président de la principale organisation italienne de protection de l'environnement, Legambiente.

Pour lui, "l'impact sur la flore et la faune serait très fort et immédiat". D'autant que le carburant, environ 2.400 tonnes, est un "produit de basse qualité, avec une grande quantité d'éléments bitumeux, genre goudron" qui étoufferait toute vie autour de lui.

"Si cet accident s'était produit à des centaines de kilomètres du rivage, en haute mer, à un endroit où la profondeur de l'eau est de par exemple 700 ou 800 mètres et donc où il n'y a pas de photosynthèse en raison de l'absence de lumière, l'impact serait moins grave, mais cette zone proche de la côte est beaucoup plus fragile, beaucoup plus délicate", a rappelé M. Venneri, responsable "mer et littoral" de l'ONG.

L'île du Giglio fait partie du Parc national de l'archipel toscan, considéré comme le plus grand parc marin en Europe avec une zone protégée de 56.800 hectares de mer et 17.900 hectares de terre, selon le site du Parc.

Ce parc, qui abrite de nombreuses espèces endémiques, mollusques, papillons ou lézards, est également un endroit où les oiseaux migrateurs font leurs nids et il est composé de sept îles, dont celle du Giglio d'une superficie d'environ 23 km carrés.

Les eaux plus profondes autour du Giglio regorgent de poissons dont des thons qui peuvent atteindre trois mètres de longueur et des barracudas, tandis que les rochers submergés abritent des murènes, des langoustes, de grosses moules et des crabes.

Au printemps et en été il est également possible de voir parfois dans la mer au large de l'île un rorqual ou des cachalots, alors que dans la même période des groupes de dauphins jouent fréquemment à proximité des navires.

"C'est un éco-système très délicat et fragile avec de nombreuses variétés de poissons et algues qui abrite une grande richesse en termes de bio-diversité", renchérit Angelo Gentili, membre de la direction de Legambiente et originaire de la ville de Grosseto, sur la côte toscane pratiquement face à l'île.

"Il ne faut pas oublier que ce paquebot est une véritable ville flottante et qu'en plus du carburant il y a à bord des métaux lourds, des produits de nettoyage, de la peinture, des solvants, toutes choses dont la présence dans la mer aurait un effet meurtrier sur la flore et la faune", ajoute M. Gentili.

Ce spécialiste rappelle que le récent naufrage d'un navire près de la Nouvelle Zélande, lorsque 350 tonnes seulement de carburant s'étaient déversées dans la mer, avait provoqué "la pollution de 20 km de côtes".

"Il faut également avoir présent à l'esprit que tous ces produits toxiques entreraient à travers les plantes et les micro-organismes dans la chaîne alimentaire où il resteraient des années et des années avec des conséquences très graves", ajoute-t-il.

Selon lui, "un centimètre cube de carburant peut polluer un mètre cube d'eau de mer dont toute vie disparaît".