Compte à rebours pour Rio+20 en quête d'une économie verte pour la planète

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Le compte à rebours a commencé pour la Conférence de l'ONU sur le développement durable (Rio+20) qui se tiendra en juin à Rio de Janeiro et cherchera à orienter le monde vers une économie plus verte et plus sociale en dépit de la crise mondiale.
Le compte à rebours a commencé pour la Conférence de l'ONU sur le développement durable (Rio+20) qui se tiendra en juin à Rio de Janeiro et cherchera à orienter le monde vers une économie plus verte et plus sociale en dépit de la crise mondiale. — Maral Deghati afp.com

Le compte à rebours a commencé pour la Conférence de l'ONU sur le développement durable (Rio+20) qui se tiendra en juin à Rio de Janeiro et cherchera à orienter le monde vers une économie plus verte et plus sociale en dépit de la crise mondiale.

Le premier avant-projet officiel de la conférence rendu public cette semaine se résume pour l'instant à une déclaration de principe indiquant le chemin à suivre: l'engagement à opérer une transition vers une "économie verte" prenant en compte la lutte contre la pauvreté et le respect de l'environnement.

La Conférence dite Rio+20 se déroulera du 13 au 22 juin, vingt ans après le premier Sommet de la Terre et doit réunir experts, ministres et chefs d'Etat.

"Le sommet Rio+20 doit être l'occasion de commencer à concevoir et à mesurer notre économie de manière différente. Nous avons besoin d'une économie qui se mesure par le bien-être qu'elle produit", a déclaré à l'AFP le directeur de l'ONG Amis de la Terre, Roberto Smeraldi qui, lors du précédent sommet de la Terre, avait dirigé le Comité de la société civile.

La crise de la zone euro et ses retombées sur l'économie mondiale ainsi que l'épuisement des ressources naturelles alimentent un "désenchantement général vis-à-vis du modèle économique dominant", souligne un document du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), qui plaide pour un autre modèle de développement.

Le document de base de Rio+20 reconnaît les "limites" du Produit intérieur brut (PIB) comme système unique pour mesurer la richesse des pays et propose de créer "des indicateurs complémentaires qui tiennent compte des dimensions économique, sociale et environnementale".

Une des grandes propositions du sommet est de définir des "Objectifs du développement durable" concernant la sécurité alimentaire, l'accès à l'eau, la création d'emplois verts et même des "modèles de production et de consommation durables".

Ces Objectifs du développement durable seraient complémentaires des Objectifs du Millénaire de l'ONU visant à éradiquer la pauvreté, auxquels 192 pays ont adhéré en 2000.

En juin, il sera seulement question de définir ces objectifs mais pas de les adopter car le sommet ne cherchera pas à conclure "d'accords contraignants", a souligné la semaine dernière la ministre brésilienne de l'Environnement, Izabella Teixeira.

Cette ambition limitée est critiquée par des experts et des ONG comme l'organisation américaine World Ressources Institute (WRI) qui estime que le texte rendu public est vague et manque de force.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a souligné que "cette première version du document de la conférence va dans le bon sens mais manque d'envergure" et considère que les engagements des dirigeants de la planète devront être beaucoup plus forts.

Il y a 20 ans, la conférence de Rio avait réuni plus de cent chefs d'Etat, mais à cinq mois de Rio+20, on ignorait encore si les grands leaders mondiaux viendront et à quel point ils s'engageront.

"Nous voulons que la conférence soit un succès. Cela exigera une participation importante - au niveau des chefs d'Etat - et un résultat fort" qui conduise à "un document politique marquant avec des actions concrètes, (...) un document plein de généralités ne sert à rien", a affirmé à l'AFP Giancarlo Summa, directeur du centre d'informations de l'ONU au Brésil.