Le Syndicat des énergies renouvelables veut dépasser les objectifs du Grenelle

ENERGIE A condition que le cadre réglementaire leur soit favorable...

Audrey Chauvet

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Le parc photovoltaïque d’Avignonet-Lauragais. Panneaux voltaïque et éolienne.
Le parc photovoltaïque d’Avignonet-Lauragais. Panneaux voltaïque et éolienne. — FREDERIC SCHEIBER / 20 MINUTES

23%, 25%, qui dit mieux? Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) veut dépasser les objectifs du Grenelle de l’environnement. Le Livre blanc présenté ce jeudi par le SER présente douze propositions pour atteindre 25% d’énergies renouvelables en France en 2020, alors que le Grenelle avait fixé pour but 23% à cette date. Vu comme une contribution au débat politique sur les choix énergétiques de la France, ce programme ambitieux sera présenté aux candidats à la présidentielle et aux législatives.

Arrêter de souffler le chaud et le froid

«Le succès du Grenelle est dû en grande partie à la chaleur renouvelable grâce au chauffage au bois, explique Jean-Louis Bal, président du SER. Nous souhaitons relever l’objectif du photovoltaïque et développer de vraies filières en France.» Présenté par le SER, le développement des énergies renouvelables a tout de la panacée: 25% de renouvelable en France, ce serait 125.000 emplois (directs et indirects) créés, un excédent commercial de 3,4 milliards d’euros et 20 millions de tonnes de CO2 évitées.

Pour cela, le SER assure que les industriels français sont prêts: avec des géants comme Alstom, Areva, GDF Suez ou EDF Energies nouvelles à leur tête, un peloton d’entreprises est dans les starting blocks. Ce qu’ils attendent: de vraies aides du gouvernement, qui souffle le chaud et le froid sur ces filières. «Nous avons besoin d’un soutien sur les tarifs de rachat de l’électricité, de subventions pour la chaleur collective via le Fonds chaleur de l’Ademe et de crédits d’impôts pour l’habitat individuel», déclare Jean-Louis Bal.

Faire une place à toutes les sources d’énergie

Car malgré les bonnes intentions du Grenelle, l’éolien et le solaire ont subi, ces dernières années, des revirements réglementaires qui ont freiné leur développement. «Pour développer de nouveaux parcs éoliens terrestres, nous sommes soumis à l’obtention d’un permis, qui fait souvent l’objet de recours, et aux réglementations sur les installations classées pour la protection de l’environnement, déplore Nicolas Wolff, en charge de la filière éolienne au sein du SER. Et pour l’éolien offshore, il faut lancer au plus vite la seconde tranche», qui doublera la capacité de production visée par le premier appel d’offres (de 3.000 à 6.000MW). Quant au solaire photovoltaïque, il faut «reconstruire la filière», regrette Jean-Louis Bal. «Malgré les chiffres impressionnants de puissance raccordée au réseau, l’année 2011 a été destructrice pour la filière sous l’effet du moratoire», estime le président du SER qui demande la fin de «l’instabilité du cadre juridique et tarifaire» et une réduction des délais d’instruction des demandes de raccordement au réseau.

Les économies de CO2 seront surtout générées par la valorisation de la biomasse, qui peut remplacer le gaz et les autres sources de chaleur fossiles, précise le SER. «Il faut aussi dynamiser l’utilisation du bois, réserver une place à la géothermie et permettre au solaire thermique de se développer à côté de la biomasse», énumère Jean-Louis Bal.  Mais pour qu’il y ait de la place pour tout le monde, il faudra peut-être aborder la question centrale de l’énergie française: avec 90% de la consommation d’électricité assurée par le nucléaire et les barrages, difficile de se frayer un chemin sous le soleil pour les autres sources d’énergie.